Le chili sin carne de Cojean

Qu’est-ce qui nous empêche de faire un compliment ? Qu’est-ce qui retient nos mots dans ce goulot d’étranglement ?

Mais déjà il faut payer et s’en aller.

« Au revoir Merci Bonne journée. » Ces mots sans substance soulignent pourtant une curiosité intense.

Nous nous regardons, essayons de déchiffrer notre regard. Que voyons-nous, que voulons-nous voir ? Le sac nous lie un instant fugace. Elle lâche soudain prise, il tombe dans ma main, sans toucher la sienne.

« Au revoir et Bonne journée »

« Bonne journée »,

elle ne saurait l’être plus, après vous avoir vue.

« Au revoir »,

si seulement nous le pouvions… ce serait la vie rêvée.

L’uniforme Cojean ne peut vous effacer, vous restez cette fille singulière aux fines paupières. Non, ni lui ne peut cacher, le reflet de vos mèches colorées, ni le masque vos lèvres douces.

Chili sin carne. Les yeux fermés, des odeurs flottent : iodées, poivrées, croquantes comme une noix de cajou.

Les haricots rouges sont la source de protéine.

Mais soudain une envie carnassière. Mordre dans de la chair. Serait-elle juteuse comme les tomates, rouge comme la Méditerranée ? Aurait-elle cette saveur, épicée ? Son piment me brûlerait-il le palais ? Sa mastication nous ferait-elle frissonner ? La dégustation se terminerait-elle par la jouissance, en avalant ?

En tout cas très bon ce chili sin carne. Même s’il ne me laissera jamais complètement rassasié.

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