La course

Elle et moi courrons sous des arbres ; là où la lumière ne porte plus. L’herbe bruisse à mes pieds et des buissons m’accrochent. Je pense à sa belle robe et à ses chaussures et je me dis qu’elles vont être salies ; elle n’a pas l’air de s’en soucier.
Lorsqu’elle l’obscurité est totale elle s’arrête. On ne se voit plus. On aperçoit juste la lueur des lampadaires au loin, des petits halos abstraits.
Elle est essoufflée. Depuis l’obscurité me parvient sa voix légèrement soulagée, presque heureuse :
– Quand je suis triste j’aime bien rester seule dans le noir.
Est-ce parce qu’elle retrouve cette situation rassurante qu’elle semble apaisée ? Ou est-ce parce qu’elle peut la partager avec quelqu’un ?
– Et à quoi pensez-vous, quand vous faîtes ça ?
– À rien. Surtout, à rien.
Comme si ces mots devaient intimer le silence nous nous sommes tus. Seul son souffle reprenant peu à peu son rythme normal m’indiquait encore sa présence.

2 commentaires sur « La course »

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