Virus

Étudiant précautionneux, vous vous rendez chez le médecin après avoir entendu parler d’un virus préoccupant qui sévirait dans votre école supérieure. Hélas, ce dernier n’est pas très rassurant…

— Mais et moi, docteur ? Ça peut m’arriver ?

Il y était pas allé par quatre chemins :

— Hola ! Mais mon pauvre ! Vous pensez bien ! Vous ouvrez une porte ! Boum ! Infecté ! Vous vous grattez la tête ? Ah ! Infection ! Le cours vous est pénible ? Mais ! Contaminé ! Boum ! Le virus ! Quelqu’un vous parle ? Vous trouvez ça stupide ? Vous n’écoutez pas ? Infecté ! Le virus ! Partout ! Mon pauvre ! Déjà porteur ?! Peut-être ! Sans le savoir ! Véhicule innocent ! Forme bégnine ?! En suspens ?! Ça ! Rien ne m’étonnerait, venant d’une école ! Un terreau fertile ! Le premier de ses foyers ! Ça le marsouin ! Il part de là ! Il s’y répand, y prolifère. Des vacances pour lui ! Trop facile ! La plage, le soleil, les cocktails ! Il sirote avec une paille ! Une ombrelle dans le verre ! Il « chill », comme vous dites ! Vous voyez des jolies filles ! Lui ! Il voit des hôtes parfaits ! Du potentiel ! Des colonies ! L’expansion ! La transmission ! Développement éclair ! Fschou ! Un claquement de doigt ! Une allumette ! Et badaboum ! La poudre mon ami ! La poudre ! Coup de canon ! Obus inévitable ! Tout le monde sa cible potentielle ! Tout le monde dans le viseur ! Vraoum ! Bam ! Tatatatatatata ! La mitraillette ! Microbienne !…

— Merde doc’ mais il m’est encore rien arrivé.

— Hola ! Bienheureux ! Méfiez-vous donc ! Vous êtes encore plus vulnérable ! Les anticorps ne sont pas là ! Pas l’habitude ! Une proie de choix !… Étudiant ! Est-ce que vous avez… la « flemme » ?

— Parfois doc’.

— Hola ! Le virus ! Attention ! Mon ami ! Signes annonciateurs ! Fébrilité ! On baisse la garde ! On croit que !… Et boum ! Il est là ! Nous tombe dessus ! Passe par le nez ! Ou ailleurs ! Il trouve toujours ! Des voies des entrées ! Ça, en école, multiples ! Un terrain parfait ! Le bac à sable ! Les petits patés microbiens ! Les étudiants sont le sable ! Lui la pelle ?! Vous comprenez ?

— Vous me foutez les jetons, doc’.

— Hola ! Vous avez froid ?! Des frissons ?! Mon brave ! Le virus ! Les symptômes ! Ils sont là ! Frappent à la porte ! Se manifestent ! Oui, ils vous ont eu ! Microbe sur patte ! Inconscient ! Jeunesse légère ! Ah, là ! Là, là, là !

Je dois avouer que toute cette histoire ne me rassurait pas des masses… On se croit en sécurité, on se croit peinard mais en fait ! Ces révélations me causaient un peu d’appréhension je dois bien le dire. Enfin, j’ai quand même voulu poursuivre, aller au bout du diagnostic…  

— Mais qu’est-ce que je dois faire, doc’ ?

— Hola ! Faire ! Mais mon brave ! Il eut fallu TOUT faire ! Mais maintenant ! Faire ! C’est compliqué ! Très compliqué !

— Y a bien un traitement, quand même, doc’ ?

— Hola ! Mais ! Tout de suite ! Un traitement ! Traiter, traiter ! Ah ! L’arbre n’a même pas grandi qu’on veut déjà l’arracher ! Non mais ! Un traitement ! Oui ! Il en existe ! Un ! Mais c’est ! Radical ! Mon ami ! Hola ! Un traitement ! Douloureux ! Effrayant ! Peut-être pire ! Oui, pire que le virus ! Allez savoir ! Les limites de la science ! La médecine modeste ! Rien n’est exact rien n’est certain ! Nous ne sommes pas Dieu ! Un traitement !… Vous comprenez ?

— Dites toujours, doc’.

— Hola ! Téméraire ! Radical ! Impudente jeunesse ! On veut ratiboiser ! Alors ! Oui ! Le traitement ! Particulier ! Ciblé ! Sans retour ! Du napalm ! Boum ! Quitter l’école ! Seule solution !

Il y allait un peu fort du café le doc’…

— Je crois que ça va pas être possible, doc’.

— Ah ! Ça ! Seule option ! L’école ! Contagion dans l’air ! Fourmilière de risques ! Guet-apens aux couloirs ! Chausse-trappes dans les escaliers ! Poison dans les classes ! Chaises piégées ! Amphithéâtre siphonné ! Locaux fiévreux ! Collègues contaminés !

Tout de même les circonstances semblaient peu favorables, je n’étais pas rassuré. J’ai tenté une dernière question comme ça, en passant, au cas où, savait-on jamais. Sans trop d’espoir, faut bien l’avouer…

— Y a rien en prévention, doc’ ?

— Hola ! De la prévention ! De la prévention ! Mais mon ami ! Trop tard ! Beaucoup trop tard ! Vous y êtes ! Jusqu’au cou ! Embourbé ! Contaminé, condamné ! Le destin ! Qu’une question de temps ! Ah ! Ça ! Prévention ! Mignon ! Très mignon ! Naïf ! Ah ! La belle jeunesse ! Ah les microbes chatons ! Ah ! Non, la prévention, non, ça… trop tard… « finito » comme vous dites…

— Bon, merci quand même doc’.

— Hola ! Mais attendez ! Mais…

Pour découvrir d’autres textes :

Des olations

Tu traverses la désolation en musique. Tu te dis « la musicalità elle me sauvera ! »… L’effondrement avec opium, la traversée avec palliatif ; le retour est trop dur, le réel est une…

Lire la suite

Compas

Cryptique. Déferle comme des vagues. Cheveux bras fesses. C’est Périclès. Périssable, rien n’empêche. Profane ou propal. Margarida, que dis-tu ? Papiers les as-tu, as-tu plus ? Ohayo, ohaya ? Parler…

Lire la suite

Sornettes

Pour que je m’en sorte net il me faut des sornettes, des sucettes, de ces blagounettes on en raffole dans les maisonnettes : caramel et crêpe, les bigoudinettes les suffraginettes…

Lire la suite

Chargement en cours…

Un problème est survenu. Veuillez actualiser la page et/ou essayer à nouveau.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :