Bretonnes

Puis nous partions en virée. Tu connais pas Malo ? Viens, je te montre. Les filles là-bas, c’est pas croyable, tu verras. Je voulais bien le croire, on partait comme ça. De nuit, une bagnole, le feu de sa cigarette et un album de Post dans le poste.
— Tu me crois pas ? disait-il un rictus émergeant de l’obscurité, ses dents de feu illuminées par les braises de sa clope quand il tirait et Posty qui crachait toujours, nous enveloppait dans ses basses, sa voix comme la psalmodie d’un rêve nocturne.
— Tu me crois pas ? Il tirait encore sur sa cigarette. Réfléchissant. Il était en monologue. Elles existent plus c’est vrai. Il pensait. Les Bretonnes. Pourtant on en verrait, dès qu’on serait arrivé, on en verrait, c’était certain, dès qu’on serait arrivé, dès le manège en lisière de murailles, en amont des roches, y aurait les Bretonnes, il me disait ça, et Post enveloppait l’histoire, apportait la vibe, c’était la Californie dans la voiture, la Californie de Bretagne et de nuit, ça, y avait pas dû en avoir des masses des Bretagnes comme ça, probablement aucune ; la seule, ce soir.
— Tu feras quoi, devant la Bretonne ? Le feu dans ses dents, on aurait dit une apparition étrange ; créature du moyen-âge, sombre folklore, échappée de la forêt, pour une nuit, nuit bretonne, la convocation, Halloween ? Il continuait.
— Ouais, tu feras quoi, devant la Bretonne ? La Bretonne, c’était une fille, ça. Fallait pas que, je, enfin, voilà, fallait être digne, à la hauteur ; pas trembler. Les murailles, la mer, il m’expliquait. Les filles comme ça. Rudes comme leurs pierres, belles comme elles, croyantes aussi, pas du genre à douter, vous jugeant d’un coup d’un seul, elles vous sentaient et le verdict tombait, assuré, juste et pesé.
— Elles se trompent pas, ça. Jamais. La clope se raccourcissait, il ouvrit la fenêtre, laissa son bras pendre ; dans l’obscurité, minuscule faisceau de lumière rougeoyant, petit point lumineux du néant ; étoile de tabac.
— Non, ça… Toujours plus pensif, devenant taiseux, profondément à sa pensée, les Bretonnes, ce qu’elles lui inspiraient. Il en avait vu, pour de vrai ? Elles existaient, dis ? Tourna sa tête, je devinai le terrifiant rictus, grandes dents blanches, les yeux fous du malicieux, puis la clope qui, revenant dans bouche, illumina visage, embrasa pupilles ; un fauve, un être surnaturel. Éclate de rire. Des Bretonnes ? On verrait bien.

Then I went and changed my life (my life)
I might take out the Wraith tonight (tonight)
Put your arms around me baby I just want to fly
Make it last before we die And I know you want a ride
What’s on your mind? What’s on your mind?

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