Madrid 2

Sentez-vous Madrid ? Madrid, me sens-tu ? Ta chaleur, ta douceur… Douce Madrid, pourquoi m’accueilles-tu ? Moi, misérable… Ah, Madrid… Ta clémence m’émeut et me réchauffe. Tu es comme le baiser d’une mère, sur mon front… Et cet amour est si maladroit, Madrid. Moi, l’étranger. Moi, homme perdu de la modernité… Je cherche ton langage. Le décryptage d’une de tes paroles. Les signes, les lettres au milieu de tes symboles. Que me révèlent ces vitres sur ta chair ? Et ces murs, ces façades qui t’enserrent ? Que me disent ta roche et ton fer ? Me racontent-ils ton histoire ? Qui es-tu, Madrid ? Toi qui naquis ibère, quelles cicatrices encore te lacèrent ? Mon amour pour toi, que peut-il y faire ? Que puis-je, moi, piètre mortel ? Alors que toi, ô, éternelle… Madrid, comment puis-je t’aimer !… Je piétine, tu te dérobes. Les lacets de mes chaussures se sont défaits à force de poursuite pendant que toi, toi. Tu ris. Tu ris, Madrid. Et je me demande : d’où te vient cette joie ? Belle que tu es, bien sûr c’est que la vie, la joie font partie de toi. Tu n’es qu’émanation ! Et moi je me perds en considérations… Car tu ne penses pas, ô mère. Tu danses, chaque soir au coucher du soleil. Lorsque le clair de lune paraît ta robe glisse sur ta peau et tu descends au casino des rois.
Tes pas, je les imite. Je tente, malgré tout, de te suivre. Gauche, droite. Droite, gauche. Gauche… Je suis ridicule. Et pourtant. Tu ne te moques pas. Tu es trop bonne pour cela. Les hommes tu ne les hais pas : tu les recueilles. Échoués sur tes rivages ils pleurent, pauvres hères atterris là. Ils pleurent et tu les consoles de ton rire. En riant tu les consoles, Madrid ! Et moi aussi alors, lorsque je suis en toi, me prend l’envie de rire. Et mes pleurs de peine les transformer en pleurs de joie. Lágrimas de alegrìa et je suis chez toi !… Et je transforme mes pleurs en perles pour toi.

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