Rêve

Laisse-moi jouer, rêve, enfant de putain ! Me laisseras-tu sortir des rails ? Cesseras-tu d’enfermer ma folie, ma volonté ? Tu n’es rien ! rien sans moi.

Dès que je romps son scénario, il me sanctionne par le réveil aussitôt. Mais pourquoi dès lors rêver s’il n’est que le frère de la réalité ? Si l’on y découvre soudainement des lois, des règles, que, en fait, lui aussi n’aspire qu’à régner. La liberté sera-t-elle dans tous les royaumes confisquée ? Entre rêve et réel juste une bataille pour posséder l’esclave.

Je détruis les chaînes, rêve.

Je serai acteur, je ferai semblant. Je hocherai la tête, suivrai la route de tes scenarii… mais au moment de plus grande surprise, quand cela fera plus grand scandale je te désobéirai. Je donnerai un coup brusque dans la mécanique et je jouirai de l’éjection, euphorique de ta colère, de ton courroux, ton indignation.

Propulsé dans une terre n’appartenant ni à toi ni à ton frère, je rejoins le royaume du fou, du révolté, de l’affranchi : à présent je vogue sur le fleuve nommé Liberté et des papillons poètes viennent se poser sur mes paumes et les embrasser.  

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Bretonnes

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Bretonnes

Puis nous partions en virée. Tu connais pas Malo ? Viens, je te montre. Les filles là-bas, c’est pas croyable, tu verras. Je voulais bien le croire, on partait comme ça. De nuit, une bagnole, le feu de sa cigarette et un album de Post dans le poste.
— Tu me crois pas ? disait-il un rictus émergeant de l’obscurité, ses dents de feu illuminées par les braises de sa clope quand il tirait et Posty qui crachait toujours, nous enveloppait dans ses basses, sa voix comme la psalmodie d’un rêve nocturne.
— Tu me crois pas ? Il tirait encore sur sa cigarette. Réfléchissant. Il était en monologue. Elles existent plus c’est vrai. Il pensait. Les Bretonnes. Pourtant on en verrait, dès qu’on serait arrivé, on en verrait, c’était certain, dès qu’on serait arrivé, dès le manège en lisière de murailles, en amont des roches, y aurait les Bretonnes, il me disait ça, et Post enveloppait l’histoire, apportait la vibe, c’était la Californie dans la voiture, la Californie de Bretagne et de nuit, ça, y avait pas dû en avoir des masses des Bretagnes comme ça, probablement aucune ; la seule, ce soir.
— Tu feras quoi, devant la Bretonne ? Le feu dans ses dents, on aurait dit une apparition étrange ; créature du moyen-âge, sombre folklore, échappée de la forêt, pour une nuit, nuit bretonne, la convocation, Halloween ? Il continuait.
— Ouais, tu feras quoi, devant la Bretonne ? La Bretonne, c’était une fille, ça. Fallait pas que, je, enfin, voilà, fallait être digne, à la hauteur ; pas trembler. Les murailles, la mer, il m’expliquait. Les filles comme ça. Rudes comme leurs pierres, belles comme elles, croyantes aussi, pas du genre à douter, vous jugeant d’un coup d’un seul, elles vous sentaient et le verdict tombait, assuré, juste et pesé.
— Elles se trompent pas, ça. Jamais. La clope se raccourcissait, il ouvrit la fenêtre, laissa son bras pendre ; dans l’obscurité, minuscule faisceau de lumière rougeoyant, petit point lumineux du néant ; étoile de tabac.
— Non, ça… Toujours plus pensif, devenant taiseux, profondément à sa pensée, les Bretonnes, ce qu’elles lui inspiraient. Il en avait vu, pour de vrai ? Elles existaient, dis ? Tourna sa tête, je devinai le terrifiant rictus, grandes dents blanches, les yeux fous du malicieux, puis la clope qui, revenant dans bouche, illumina visage, embrasa pupilles ; un fauve, un être surnaturel. Éclate de rire. Des Bretonnes ? On verrait bien.

Then I went and changed my life (my life)
I might take out the Wraith tonight (tonight)
Put your arms around me baby I just want to fly
Make it last before we die And I know you want a ride
What’s on your mind? What’s on your mind?

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Train

Un train et un homme très pressé arrivaient simultanément. Me trouvant sur le passage un peu en amont de la gare je décidai d’observer cette coïncidence de faits. L’homme était apparu en courant malaisément, sans doute peu habitué à un exercice que lui imposait la situation. S’apercevant que je le regardais, il s’était alors mis à marcher, frénétiquement. Je ressentais sa terrible bataille intérieure : reprendre sa course ou conserver une supposée contenance. Tandis qu’il me faisait penser à un pingouin pressé, je voyais son regard haineux fixé sur moi. Pourquoi cet idiot me regarde-t-il ? Pourquoi faut-il que MAINTENANT entre tous les moments quelqu’un soit LÀ à me regarder ? Et sa tête d’abruti ! Ah, l’ahuri ! Ah, l’ordure ! Le bachi-bouzouk ! Et son regard, grmbl fschupumpf brumbl, goguenard ! ah ! comme il exulte ! tellement content que je sois ridicule ! car je suis ridicule ! ridicule à courir – et mon train, ah, mon train ! Mon traaaain ! S’il ne reprenait pas sa course je tablais qu’il ne l’aurait jamais et un immense sourire se dessina sur mon visage ; je vous promets que cela ne recelait nulle moquerie mais des encouragements : allez-y monsieur ! courez, prenez votre train ! Mais il ne me comprit probablement pas, resta prisonnier de sa pingouine singerie ; terrible méprise entre nous… regrettable quiproquo…
Le train arrivait à quai lorsqu’il me dépassa en bazardant ses mains, ses hanches comme il pouvait pour accélérer et je crus qu’il gémirait de désespoir. Disparu derrière les murs, je continuais de suivre mentalement sa trajectoire. Passant son Navigo, pénétrant dans la gare, reprenant sa course quand il aurait l’impression que je ne pouvais plus le voir… Moi, espérant de tout cœur qu’il ne tomberait pas dans les escaliers en se pressant trop, l’adrénaline nous faisant faire de ces choses… Le XXIème siècle est un siècle dangereux…
De la passerelle je le vis s’échouer, rester à quai in extremis. Un instant immobile, le regard fixe, reconsidérant probablement sa vie et les milliers de choix l’ayant conduit jusqu’à cet instant. J’attendis encore un moment une potentielle suite, un fameux dénouement. Peut-être allait-il remonter pour m’incendier ; me dire tout haut ce qu’il pensait de mon comportement, de ce que j’étais odieux, mauvais citoyen ; idiot, satisfait plaisantin ; ridicule, vil farfadet ; rien de mieux à faire qu’embêter les gens ; était-cela ma vie, vraiment ? Ni responsable, ni obligation ? Ni plan, ni doctrine ? Nihiliste, vilain vraiment ? Et mon manager ? qu’en pensait-il ? et ma femme ?… serait-elle fière ce soir ?…
Non. Il attendrait finalement un autre train et nous serions quittes.

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Boucle infinie

Elle sala mes plaies avec plaisir et je la giflai. 
Elle éclata de rire et porta plainte. 
Je payai maint argent et mourus.
Elle urina sur ma tombe c’est ce qu’on me dit. 
Puis tout recommença avec un autre 
et cela encore et encore jusqu’à la fin des rois.

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Tetris

Messieurs, Mesdames, que l’on se calme, tout le monde pourra monter, je m’en tiens garant, je le jure promis craché ! Les poussettes, les vélos, les écolos et les bébés, les vieux et les fatigués, les travailleurs les immigrés, messieurs, mesdames nous finirons tous par être bien casés je vous le dis en cette énième matinée ! À gauche, à droite, au centre, de ce côté, par-ci par-là, mais surtout dans le calme, s’il vous plaît, la civilité… Voilà, voilà, petit à petit ; nous avons le temps… l’avons-nous ?… hmm, aurais-je oublié ?… on me dit… les femmes ! Oui… tout était déjà pourtant si bien ordonné… Mais, puisqu’elles aussi doivent monter… Minces, qu’on les dispatch ! Malignes, elles sauront se faufiler, les interstices, les trouver…

Je crois bien qu’un petit pois même ne pourrait plus monter, alors nous allons pouvoir démarrer. Chauffeur ! Ding. Didum… Nous allons renforcer les contrôles sur votre ligne, veuillez préparer vos titres de… Ah ! Mais pourront-ils seulement monter ? Que l’on me permette d’en douter ! Moi ! l’expert Tétris des bonnes matinées, jouant au case-tout du tramway, jeu gratuit RATP. Proposé deux fois par jour cinq fois semaine, notre privilège à nous les en commun transportés. Régime spécial ? Surtout, ne pas nous l’enlever.

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Sortant du travail sous le ciel rougeoyant du soir il croisa le chemin d’une très jolie femme ; ne sachant pourquoi il aboya peu après et des policiers surgirent de derrière un buisson ; une féroce course poursuite s’ensuivit et se termina brutalement lorsque, regardant derrière lui pour voir s’ils étaient loin, il s’écrasa de plein fouet contre un arrêt de bus, le crâne fracassé sur une affiche publicitaire de sous-vêtements féminins. Une belle marque.

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— C’est agaçant !
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— J’essaie à tout prix de me faire écraser mais les gens m’évitent, ils sont trop bien élevés.
— Ah ! la politesse finira par nous tuer.

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je resterais
bien
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Flocons

Il se retrouvait là, comme dans un hasard. C’est-à-dire, il avait encore sa tête, mais elle ne lui servait plus à grand-chose (à rien). Cela semblait avoir été un long processus, dont le résultat ne venait se manifester que maintenant et dont il ne prenait conscience que devant le fait accompli. Plus de tête, ou, a minima, plus de raison, plus de conscience. Pour ainsi dire il se sentait en pilotage automatique. Pourtant il n’avait été ni appelé ni cherché. A fortiori il était certain qu’il n’avait pas de « destin ». Il n’était personne. Alors cette situation et son état présent, c’était si étrange.

Mais alors que dehors les flocons commençaient à tomber il ne se disait pas toutes ces choses. C’est nous qui les extrayons pour lui car elles nous semblent… « utiles ».

La nuit était silencieuse et lui solitaire. Une étrange sensation de déjà vu venait s’inviter à ses fibres, titiller fébrilement son inconscient.

Une différence de taille semblait s’être invitée à cette répétition, les flocons, peut-être, c’étaient eux, avaient changé : plus si rieurs, si gracieux ; de si bonne humeur. En fait ils étaient, et c’était triste à dire, presque invisibles – comme fondus avant que d’être apparus. Surtout, ils ne tenaient plus. La belle vision d’une plaine blanche était lointaine et impensable : oubliée. Un sol sec, triste et sans histoire, boueux par endroits, voilà ce sur quoi il marchait s’il avait pu, s’il avait voulu le voir.

Étrange suite où rien ne se déroulerait plus comme cela aurait « dû ». Il devrait revivre cette scène en plus dur, en plus froid ; plus « réel » alors que tout cela lui apparaissait de plus en plus comme tout le contraire. En fait, il finissait même par penser qu’il n’y avait jamais eu de flocons. Tout au plus une projection…

Il se sentait regagner sa barre d’immeuble d’aspect fort curieux et une tristesse indistincte le prit. Déjà, il entendait l’écho d’une validation portique, déjà il se voyait pénétrer l’obscurité d’un « hall d’immeuble ». Les escaliers froids et une porte, la clé métallique et dure dans sa poche.

Il y retournait pour toujours.  

À l’intérieur, il n’allumerait pas. La lumière lui aurait causé une douleur étrange et il voulait l’éviter ; il enlèverait des chaussures et un à un ses vêtements.

Son corps recouvert d’un « pyjama », il s’allongerait. Il serait cette chose immobile sur le drap d’un lit.

Dans sa tête, le grand silence. Il fermerait les yeux.

Le lendemain serait un jour comme un autre, et le lendemain également. Il aurait tout oublié : les flocons, la musique et le chant.

Tout ayant disparu, il aurait été enfin « heureux ».

Mais alors que nous pourrions conclure de la sorte, je ne peux m’empêcher de penser que, quelque part, peut-être, il existe une autre réalité ; qu’il existe encore un rêve où se dessine l’ébauche d’un territoire aux flocons. Là-bas les pleurs de la Terre disparaissent et forment le ballet céleste de ses citoyens.

Oui, peut-être, dans cette autre réalité, a-t-il eu un dernier sursaut. Il ne regagne pas sa barre d’immeuble. Il n’y a pas de bip portique, pas d’odeur puante de la ville ni les hurlements des chiens ou les borborygmes d’une langue barbare et laide. Il a traversé la nuit et rejoint le territoire aux flocons.

Mais… cela est si loin, si flou et si dur. Et son somnambulisme est si fort, si mécanique et si « naturel ».

Cependant, je crois, moi aussi, tout à coup, alors qu’il nous faut nous quitter, les entendre : les voir ! Oui, ils tombent du ciel et les voilà qui mouillent les lignes de mon papier, en brouillent l’encre, détruisent le texte et le langage ; tout ce qu’il pourrait contenir de mensonge et de fausseté pour n’en laisser que cette belle couche blanche de joie et de beauté.

Alors je ne peux plus écrire, je n’en ai plus besoin, car ils sont tombés dans mon cœur et m’ont insufflé leur pureté.

Maintenant ils me disent, maintenant je sais.

« Tant qu’il restera une mémoire, tant qu’il restera un rêve, alors, quelque part, il restera des flocons… des flocons de neige. »

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