ta vie est une dégringolade où chaque jour un os se brise
mais tu ne renonces pas, car tu es encore capable de tristesse et de peine et tu en es même trop capable
parce que le combat ne commence pas contre l’autre mais contre toi-même
et tu pardonneras ces paroles mais tes actes parleront tellement fort, tu n’entendras pas ce que les mots tenteront de te dire
car, ô comme tu pourras faire du chemin en toi-même
mais tu auras obéi trop longtemps, il te faudra réclamer
car, d’où viendra le malheur ? de ce que tu auras renoncé à la dureté
et pourquoi aimeras-tu cette fille ? parce qu’elle te restera inconnue
et, ce ne sont pas les chiens mais leurs promeneurs qui se reniflent
et, une voix parlera plus par son ton que par ses mots
et, vivre sera une maladie dont le sommeil un palliatif et mourir le remède
et, on ne sait jamais jusqu’où l’introspection peut nous mener
et, les Suisses sont des citoyens, nous sommes des sujets
et, il faut écrire en marchant et vivre en chantant
et, on n’imaginera jamais et toujours on sera surpris des conséquences que prendra notre lâcheté
et, un mauvais amour est comme un papier que te poussera le vent ; certes il te suivra mais il n’en restera pas moins un détritus
et, la couleur de l’indifférence sera seule différence
et, tu n’aimeras qu’en mots
et, l’idiotie sera une chose qui s’ignore
et, nager dans la beauté sera comme nager dans l’extase : seule l’overdose sera mortelle
et, la création ne souffrira ni le doute ni la certitude ; là résidera son affreux paradoxe
et, tu entendras « régime policier » mais ce n’est pas ce que la Stasi te dira de répéter
et, tu voudras quitter la vie en parfaite santé
et, quiconque pensera vivre de son art sera idiot ou fou
et, dans quelle catégorie te classer
et, qui a tué la liberté en France instilla le vers, gâta le fruit
et, tu attendras que vienne ta destinée
et, le mot « humanité » sera à bannir car ceux qui le brandissent en seront dépourvus
et, cela sera une mauvaise histoire qu’il n’est pas bon raconter
et, ce n’était pas toi, c’était un autre
et, les convenances écrasent il te faudra les fuir
et, tu n’es qu’antagonismes
et, comme la réalité sera belle à celui qui fermera les yeux
et, le poison du monde est le confort
et, l’homme ne jouira que dans la privation et la lutte
et, l’abondance aura maudit les peuples
et, la vérité fera peu à peu jour car elle prit les escaliers quand le mensonge usa d’esclaves pour se porter
mais, tu ne seras pas accablé et tu attendras les jours meilleurs
et, l’effondrement
et, s’il doit être
tu seras le dernier
le dernier
et, tu chercheras une femme non « intelligente » mais non idiote
pour rebâtir
et, ce ne sera ni vacarme ni catastrophe mais une simple répétition
une simple répétition
et, tu auras fait le tour des égratignures, tu requerras cicatrices et pansements
et, ton esprit reviendra, mais seul que pourra-t-il ? tu prieras donc le retour de ton cœur et de ta volonté
et, tu boiras, un peu, suffisamment
et, il est temps à présent
car ce qui fut sera
et, chaque jour sera une autre journée et ta peine n’aura d’égale que ton courage
car, que ta croix t’écrase ou te sauve, tu ne connaîtras pas de milieu
droit vers la mort, droit vers le sombre tunnel, tu n’en réchappes pas, pas !
et, la vie s’éloigne comme l’ombre d’un jogger : par petits pas, petits pas…
et, quoi de plus repoussant qu’une grosse trentenaire ? Une très grosse trentenaire

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Trés beau !
On pourrait croire le texte pessimiste, mais non pas du tout ! Seulement le reflet d’une époque, d’un état d’esprit. Comment vivre sereinement et rester libre ….
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Séverine ton commentaire me rend doublement heureux. Tout d’abord parce que le texte t’a plu. Ensuite parce que tu l’as senti comme positif et non pessimiste. J’entendais en effet qu’il soit perçu ainsi, d’où le choix du mot « étendard », qui renvoie bien plutôt au ralliement et au combat qu’à la fuite et au défaitisme.
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