Attendre le train encore trente-six minutes : comme c’est long ! oui et non, en vérité. Car ces trente-six minutes n’existent pas, elles ont déjà passé. Et les trente suivantes. Et les suivantes, et les autres ! Tout est déjà passé. Tu attends le train déjà tu es dedans. Tu veux être riche déjà l’es-tu et ne l’es-tu plus. Le souhait est ton ennemi mortel. Ne souhaite rien. Apprécie. Car ces minutes n’ont pas d’existence, elles ne sont qu’abstraction : qui les garantit ? La Banque Centrale ? Ah ! N’espère pas que le temps passe vite, il passera. Tu n’es qu’un by-product. Sois reconnaissant de ta survenance. Comment ? Enfin ! en ne souhaitant pas que ces trente-six minutes n’existent pas…
Car l’impatience est ta maladie. Tu sacrifies le maintenant pour l’après, l’existant pour l’inexistant. Ah ! Le temps ne t’appartient pas. Il est un cadeau, une contingence, un hasard. Vite donné, vite perdu. Savoure-le comme une assiette que l’on pourrait à tout moment t’arracher. Comme un amour, qui, déjà, t’a soufflé adieu…

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