Toutes les plus grandes œuvres ont été écrites sans plan… Sans vouloir de leur auteur, sans préconception de sa part, elles naquirent d’elles-mêmes, à mesure de la création, comme un trésor se dépoussière peu à peu au délicat pinceau de l’archéologue… L’écriture n’est pas une bâtissure, c’est une fouille. Une seule discrimination : l’inspiration (Dieu ou la femme ; même chose ? Ce que je pense : veux-tu savoir ?).
On s’en épouvante.
Car.
Nous ne la pouvons soumettre.
Cela va, cela vient ; et qu’y peut-on ? rien.
Alors.
Il nous faut palier.
Cette angoisse.
On voit.
Fleurir.
Des écoles,
des formations.
Du plan.
De la méthode.
René.
Ressuscité.
Promesses, formules. — Garanties/remboursées.
Pèse-moi la Recherche, Dostoïevski, Les Démons, donne-moi la recette, le secret.
J’ai pesé.
Des milliers de pages.
Bien suivi.
Bien ingurgité.
(bien payé).
Ça y est — maintenant, je sais.
(Rien.)
Tant de promesses
du miroir sans tain (l’avenir)
dédaignant le seul bien
notre présent
(jolie femme devant nous ; seule, unique à cet instant, sa beauté est telle que c’en est ineffable, mais je ne perdrai mon logos)
au centre de notre iris.
Écrire
n’est pas réflexif,
c’est une folie
(un miracle ?
blasphémè-je ?
— ne cherche ni crachat ni conflit,
espère l’absolution).
Ni
prière,
ni
espoir,
ni
réclamation (aller à la ligne, souligner l’importance) :
l’inspiration.
Ultime
discriminatrice.
(Dieu ou la femme,
il y revient ; avantage : cette dernière
(léger [hum, pourquoi feindre…])).
Muse.
Telle image point fortuite.
Dit ce qui est.
Arbitraire, gratuit, imprévisible (la ligne, encore) :
injuste ? — Ne juge pas, l’art est hors-jugement,
a ou im-moral (c’est selon).
Qu’importe.
Talent ou sans.
Laisse aller, laisse jouer.
La muse aura bien fini de s’amuser.
Alors,
ses caresses,
pourquoi
les dédaigner ?
N’entends-tu pas
ses paroles ?
Celles d’une innocente
maîtresse…
Qu’écrire
— découvrir.
Ici,
là,
elle se penche…
Doux est son visage à ton épaule, agréable t’en est la dictée.
La personne n’importe pas. Le « je, tu, il » sont dépassés.
Qu’une récréation, jeu sans définition (corps d’une femme — existence de Dieu ; ah, il y revient, encore. N’est-ce fatigant, à force ? une véritable obsession — c’est un pendant, urticant, légèrement — mais le moustique ? animal du Seigneur, tout comme lui. Il accepte, donc. Même les remontrances. Les insultes. Les peines. Les silences. Les non- compréhensions.
la
déchirure
de
l’écho
des
parois
du
silence
solitaire).
Un jeu ne se définissant pas.
Dieu.
Joueur,
créateur,
s’assoit devant lui,
ses cheveux sont
bouclés,
son pays,
Méditerranée.
Une convocation, un rire,
laisse aller.
laisse.
comme il se doit.
Tu n’écris pas :
Il.
à travers toi.
Réceptacle, tu es cour de sa joie.
Pâtisserie ?
Laisse, il s’en occupera.
L’écriture,
un flan :
renverse
remet à l’endroit.
Ah… est-ce donc tout ? ce que tu peux faire, espérer ?
Tâche.
Tâche encore !
Myrtille, tu ne peux que tâcher
(jeu de mots, homophonie, l’homme est technique, lettré
— cependant, il le doit à sa déférence, qu’il n’y ait aucune ambiguïté)
tâche encore, ne cesse de tâcher.
Mais la fatigue, enfin ; tu cesses.
Écrire, tâcher,
c’est de même.
La divinité vient, sourit, s’en va — voilà.Comme une femme (qu’il arrête avec ça !)
Ps : Techniques, argent, calcul, méthode — pareil au même, c’est du pointless : idiots ou charlatans, je n’exclus pas, du reste.
Ps2 : Mais ! proximité de muse et a-muse-r ; cela n’est-il pas… a-muse-ant ?…

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Très beau !
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