Moucheron

Ce matin je me suis réveillé ; allant dans la cuisine j’ai remarqué ce moucheron qui buttait contre la vitre, voulant sortir mais ne le pouvant pas. Comment aurait-il pu comprendre ? Il n’y avait eu aucune vitre dans sa vie, que la permanence de l’instinct. Toute son existence dérisoire, insignifiante, il l’aurait passée ainsi : sans interrogation.

Mais soudainement le voilà confronté à un obstacle invisible et incompréhensible, contre lequel il ne peut que cogner sans relâche, et sans qu’il ne le sache, sans espoir.

Dans ce royaume du minuscule, je suis soudain tout-puissant, je suis soudain Dieu. De ce possible exceptionnel, trois options : ne rien faire, l’écraser ou ouvrir la fenêtre.

Un moment j’ai continué à le regarder se débattre contre un ennemi invincible puis finalement j’ai ouvert la fenêtre.

Quand je l’ai refermée il avait disparu. Nulle trace de sa microscopique présence. Comme s’il n’avait jamais existé.

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