Au sommet

Au sommet du pic, ce n’est pas le vide qu’il contemple mais la plaine de l’air. Apercevant au loin la brume des Alpes, ils devinent leur silhouette. Derrière ce mur, l’Italie, l’ailleurs. Pourquoi était-il, lui le citadin, le déclinant être humain, venu se perdre en Suisse, gravir ce mont ?
Au sommet il ressentait une paix profonde. Ce qui l’avait frappé, c’était le silence. Le parfait silence de la montagne. S’arrêtant de marcher n’existait plus qu’elle et lui. Il contemplait la nature silencieuse et belle. Le lac et son plateau. Les fleurs et les blés. Les arbres et les oiseaux. Les coccinelles et les ânes. Toute une civilisation oubliée. Miroir de l’âme où se contemple qui s’y arrête.
Au sommet il avait vu les aigles. Les rois de la montagne. Ils dessinaient des arcs de cercle au-dessus de lui, lançaient leur cri perçant, majestueux. Un mâle et une femelle, peut-être…
Il s’assit sur un rocher et laissa glisser son sac. Il respirait lentement, sans penser. Il s’abandonnait à une légère méditation.
Une fille parvenait au sommet, à belles enjambées.
— Pourriez-vous ! oh ! s’il vous plaît ! me prendre ! en photo ! ah ! elle sourit et de la montagne il veut sauter.
Bien sûr, oui, pourquoi pas. L’envie de sauter, toujours là.
Elle porte une casquette et est bien belle, bien, bien belle. Un visage de douce gentillesse, un regard de naïveté parfaite. Le monde ne l’a pas détruite. Non, c’est elle qui l’a sauvé. Lui et les hommes. L’existence est son royaume. C’en est la déesse sans qu’elle le sache. Elle est son fabuleux sommet. Celui que l’on rêve d’atteindre et toujours celui qu’on espère.
D’une peau blanche et d’un cheveu noir comme Gaïa, le soleil ne l’a pas brimée. Il l’a seulement caressée. Et les rochers ? L’ont-ils brusquée ? Non. Devant elle, ils se sont écartés.
Tout autour la nature s’incline, bourgeonne. Derrière elle ce n’est que traînée de vie. Et de son sourire tout fut béni. Elle est si belle que c’est à en pleurer.

Tandis que je sais qu’il faut partir je sens mon ventre se déchirer. Si Dieu me donne cette femme je suis chrétien sur-le-champ. S’il me la refuse je déchante.

Mais tandis que je dégringole de la roche je pars sans regret car elle a tout lavé.

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Immobile

Alors que Dieu me frappait d’un éclair et décidait de m’immobiliser. Quatre jours. Déjà quatre jours après l’annonce. Et je ne vis plus, et me vide et m’enrage. Ne pas…

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Farce

Platon ne prenait pas les mots au sérieux. Comment l’eût-il pu ? Lui athénien de l’oralité, il savait leur impuissance. Et pourtant, ils s’imposent. C’est là leur étonnant pouvoir.Bien sûr…

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Une Italienne

Tandis que je m’apprêtais à prendre mon petit-déjeuner, la réceptionniste de l’hôtel avait subi une altération étrange dans ma perception, passant de la plus pure adoration à celle du désintérêt…

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Barud

Danseur

Chaque fois que je sors du travail je suis pris d’euphorie, je dévale les escaliers, je me sens voleur, diablotin, marcheur. Gourgandier, je suis pris d’une impression d’immortalité, tout est possible, l’horizon est à ma portée, on me le sert en grandes coupes glacées et soudain j’atterris. Je danse sur une patinoire et les instruments guident mon cœur, guident mon âme : je suis danseur ; je suis sauvé !

Prison

Car les murs de la prison s’érigent et bien sûr nous ne les voyons pas car on prend toujours soin de construire ceux qui se trouvent d’abord dans notre dos. Mais la prison rampe, petit à petit nous encercle et trop tard nous enferme. En ce qui nous concerne, je pense que nous en sommes aux murs des côtés, au choix du sol, néanmoins les travaux s’accélèrent, et ils s’accélèrent vite, si bien que je crains maintenant que chaque clignement d’yeux ne soit celui du dernier mur, celui devant nous ; et la fixation, définitive, des barreaux.

Croisée

Mais elle regarde l’hydre droit dans les yeux et une à une s’en va lui découper toutes ses têtes. Quel combat ce fut ! De décapiter ces mensonges qui n’avaient de cesse de repousser. Mais c’est bien elle qui émergea du champ ensanglanté. Elle, la zélée. Elle, l’inflexible. Elle, croisée de la vérité. Brune et porte les initiaux de Poincaré.

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Gangsta’s Paradise

Alors que j’attendais à la terrasse nocturne d’un restaurant turinois que l’on vînt me servir mon prosciutto crudo, soudain, Gangsta’s Paradise joua. Alors, me revint en flash, du passé enfoui…

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Feu

À A.C Cela fait quelques temps que je l’observe, elle, à quelques pouces de moi, un peu plus loin, sur le bar ; ce qu’elle mange n’a aucun intérêt, ni le…

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Avignon

Et sous le pont, on regardait passer les filles 

Et sous le pont, nous avions une autre perspective…

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Tullianum

Jeux Les jeux du Cirque ne furent jamais aussi fastueux que lorsque les barbares étaient aux portes et l’Empire sur le point de s’effondrer. Ces Jeux sont donc à la…

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Débris

Regard — Monsieur, que regardez-vous ?— En face, ce qu’il y a devant moi.— Et que voyez-vous ?— À la fenêtre, une femme dans sa nudité. Crampe Et il courut…

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Central Station

Il y avait tellement de trains, cela partait tellement tous azimuts que je n’ai su lequel prendre, lequel était le mien, vraiment… c’est un peu dans tous les sens, en…

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Embruns

Combothérapie

Je vais vous faire une petite combothérapie ! À base de carboplatine, brigatinib, doxorubicine liposomale pégylée, bevacizumab et re-brigatinib… Vous m’en direz des nouvelles !

Amour

J’admirais la pluie qui tombait sous la lumière du soleil ; cela m’a fait penser à de la tendresse entre un homme et une femme.

Mort

Regarde la mort dans les yeux, approche ta bouche de la sienne le plus près possible jusqu’à la sentir mais n’inspire pas. Sens qu’elle est là, à t’attendre. Que derrière chaque chose que tu embrasses, que tu aimes, se cache son relent, et cette odeur est son annonce : son sourire sans dent.

… car comme le dit la formule : tout doit disparaître ! (- 50 %)

Contre-plongée

Et d’un coup la forêt émerge, majestueuse, elle nous happe, absorbés que nous sommes dans la contemplation de sa pleine contre-plongée.

Cicatrice

Mais si une cicatrice ne se porte pas sur la peau alors elle pénètre notre âme et nous flétrit le cœur.

Vent

Le vent souffle de Paris à Moscou, soleil et nuages, c’est la même météo ; Olga, Olya, Olen’ka : quelle orthographe ? — quelle importance ? c’est le même amour que porte ce nom.

Salade

Bien sûr il faut enlever les feuilles brunies de la salade – mais que se passe-t-il lorsque, l’ayant fait, on s’aperçoit qu’il ne reste plus rien ?…

Beau

Qu’est-ce que le beau ? L’amitié entre les hommes.

Nuages

Il ne « pleut » pas. Ce sont les nuages qui font une pause avec l’existence, avant de renaître.

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Rituel

Un certain soir de mars 1870, à Moscou, deux événements extraordinaires et concomitants se produisirent qui eurent par la suite des conséquences dramatiques pour le Vieux Continent. Le premier événement.…

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Contrejour

Prenant mon radeau, je dérivais du trottoir, m’échouais sous un tréteau. Alors une nymphe se pencha sur moi, versa des larmes sur ma peau ; je lui demandais : est-ce…

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Des amours…

Jane, si austère… « Jane, ton amour, si austère ? Que mérité-je, pareil dédain ? Certes suis-je premier, dernier Philistin. Peu d’égard aux arts, j’aime tes yeux, tes seins, je suis…

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Chichis

Tu défiles sur le remblai.

L’un mange des chichis, l’autre plane, est dans les vapes. Pour l’un c’est le sucre, pour l’autre le canabi. Tous deux s’abîment. Pourquoi ne le feraient-ils pas ? Qu’est-ce que ça change ?…

Sous le clair de Lune une petite fille demandera sa girafe au clown et le clown lui aura donné. Une girafe en ballon plastifiée ; elle sera tout émerveillée !…

Et une autre s’écroule en riant, roule sous la lumière du banc en marbre plaqué, un instant ses boucles sombres prennent une belle couleur argentée avant qu’elle ne se relève. Comme elle rira !

Le magasin de chichis ferme c’est bientôt la nuit tombée. L’une récupère son scoot l’autre ferme les rangées, le patron roupille et ses fourmis s’affairent pour terminer. C’est bien normal, ô comme il a participé ! L’une vient des îles, l’autre des prés ; mais toutes sont si belles sous cette enseigne en lettres fluor quelque peu fanées…

Et sur la terrasse tant seront attablés. Certains auront des capuches, d’autres feront rien sinon ricaner. Des garçons, des filles. En salade, tous mélangés. Noire, blanc, quelle différence ? À la fin, tous ils rejoignent la mer…

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Flot

Vision — Pourquoi détournes-tu le regard ?— Parce que j’ai trop vu… je ne souhaite plus voir. Encre noire On me dit parfois que ce que j’écris est trop sombre,…

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Faisceaux

Dans la nuit ils n’étaient que des torches en mouvement, pas même des ombres. Une oscillation lumineuse, des faisceaux où, lorgnant sur leur rien, venait se pencher la bruine. Le…

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La visite au musée

— Chérie, je veux bien que nous allions au musée, mais à la condition qu’en rentrant nous fassions l’amour. »

C’était ainsi qu’elle m’avait eu, si je dois être honnête. Les visites au musée m’ennuyaient, il me faut l’avouer, mais elle, ah, elle. Comme je l’aimais ! Tant de nuits et tant de jours j’aurais passé à l’aimer ; tout le temps et tous les jours, si elle m’avait laissé… mais elle se plaisait à une certaine rareté, je profitais donc de chaque occasion qu’elle me donnait pour marchander. Non pas que je la forçasse, n’allez pas croire cela, car elle aimait autant l’amour que moi, mais elle était sûrement plus maîtresse de ses impulsions que moi-même. Car moi, moi, il me suffisait de sentir son odeur ne fût-ce qu’une seconde, une demi-seconde, avant que l’air ne l’ait absorbé, pour que je voulusse empoigner son cou, mordre sa gorge… C’était irrépressible. Bien souvent, quand je pensais à elle alors qu’elle était loin de moi, je me mordais le pouce jusqu’au sang tellement sa pensée était forte et le désir qui lui était associé. Cette technique revêtait en fait peu d’efficacité, car la douleur se présentait plutôt en stimulant qu’en inhibition, et la vue du sang me rappelait l’éclat de sa peau et la couleur des vêtements qu’il lui plaisait parfois revêtir quand elle voulait me torturer en invitations. Enfin, cela n’est pas très important… Nous allions au musée…

**

N’est-ce pas elle l’œuvre d’art en ce lieu ? J’interroge la surveillante assisse à ce sujet, elle me regarde avec étonnement. Mais ma dame a disparu. Je m’inquiète. Je regarde alentour. Je me mets à transpirer. « Bouh ! » « Ah ! » Elle s’était cachée. Quelle plaisantine… Elle m’a bien eu ! Elle s’éloigne, elle veut que nous allions à l’étage, je la regarde s’en aller. L’impression que ses cheveux me laissent de son dos est celle de la perfection. Le sait-elle seulement ? À quel point elle est parfaite. Bien sûr qu’elle l’ignore ! Comment le saurait-elle ? Pour elle, elle est simplement elle, et c’est déjà bien suffisant, oui, bien suffisant… Mais je monte la rejoindre et je laisse les œuvres en bas à leur silence, à mon indifférence ; elles se vexent, elles s’attristent, des larmes se mettent à couler d’elles, bientôt elles seront toutes perdues, gâtées… Mais je monte la rejoindre alors que le rez-de-chaussée ruisselle.

Elle est là, entre les poutres, entre les pylônes, elle avance lentement, la tête légèrement levée pour mieux regarder les œuvres. Ce sont des sculptures, je crois, mais ça n’a que peu d’importance ; ma sculpture est là, elle se meut, et il y a encore du temps, un peu, je le crois ; je ne la lâche pas, pas encore, pas là. J’aime à croire que c’est moi qui décide ; je m’illusionne…

Elle se tourne, elle me sourit. Elle a l’air heureuse, c’est ce que semblent me dire ses yeux, et s’ils sont joyeux alors je le suis, alors ce musée est l’endroit le plus merveilleux sur Terre, sur la Terre entière et il faut le protéger à tout prix. Dès demain j’appelle le Ministère, je lui dis : « 

« Tu aimes ? » me dit-elle et je sors de ma rêverie.

Je regarde alentour en chien de faïence, je suis méfiant. Je ne vois rien. Tout me semble vide si ce n’est elle. Dès lors je ne réponds pas et elle souffle en souriant. Elle sait ! Bien sûr qu’elle sait. Ah… le moment approche, je le sens, et je m’approche, je m’approche, mais je ne peux pas, pas encore la toucher car elle est absorbée. Je ne peux, je ne veux, la déranger. Dans sa contemplation. Ce moment lui appartient, je ne veux lui voler. Alors je m’abstiens, alors je me retiens, bien que cela me soit violence, bien que le goût du sang et du fer s’invite à ma bouche et que les fourmis soient à mes pieds. Ah, les fourmis ! Autant de symptômes. Ce qu’elle me fait. Non. Alors, je continue, je l’observe. Je regarde ses mains, ses doigts, ils sont lisses, sont de crème. L’index droit est légèrement plié, c’est qu’elle est concentrée. Sa tête est légèrement penchée et ses lèvres dessinent une mince fente. Sa respiration passe par là, vient délicatement soulever sa poitrine, à intervalles espacés, car elle est calme mais absorbée ; presque on dirait qu’elle a cessé de respirer.

La visite s’est très bien déroulée. Nous partons du grenier. Nous nous dirigeons vers la sortie, nous retraversons les allées, elle me dit :

« Oh ! tu ne voudrais pas ? »

C’est que nous repassons de par les salles, elle voudrait revoir… encore ! elle voudrait revoir et moi, moi j’ai des frissons, j’ai des tremblements de toute la peau. Mais qui suis-je, que puis-je, pour lui refuser ? Je suis son esclave de la tête aux pieds.

Elle me prend subitement par la main et c’est une décharge propre aux fibrillations, telle qu’elle pourrait me faire tout lâcher. En général la tension monte jusqu’aux oreilles. C’est comme le décollage d’un avion ou l’escalade d’une montagne de 4 kilomètres en accéléré. C’est comme si on m’agrippait les deux oreilles sans plus me les lâcher. Et ma vue se trouble et je ne peux plus regarder. Je ne sais plus où nous sommes, où nous sommes allés ? Je ne la vois plus, je l’ai perdue de vue. La tête me tourne et à ma main mon front brûle, la fièvre a pris son empire et je ne puis plus respirer. Je halète tel un être privé d’air, privé d’eau. Il faudra bien quelqu’un, quelqu’un pour me sauver. Mais soudain c’est un vent frais. Je me sens d’un seul coup revigoré. Tous les symptômes se sont évaporés.

« Merci » ai-je entendu par une jolie voix prononcé. À qui est-elle ? Elle a sonné si belle. J’aimerais tellement voir celle qui la porte.

Alors il y a soudain de la lumière et j’aperçois. C’est une brune aux cheveux bouclés, aux yeux pareils à des amandiers, l’air espiègle et rassuré, ainsi que des vermicelles sur les joues, mais en petits pointillés. Je la connais ? Elle me sourit. Qui est-elle ? C’est elle qui, je crois, m’a délivré. Elle la première, qui, je m’en souviens maintenant, m’a embrassé.  

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Bercy

Bercy, temple du mensonge et du volBercy, heure des comptesBercy, berceuses pour t’accompagnerBercy, ton voyage sans retourBercy, l’Achéron, l’as-tu ? entendu chanter… Découvrir de nouvelles ambiances :

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la nuit descendre les escaliers

quand j’avais dix ans (à peu près, dans ces eaux-là ; j’étais à l’époque, il me semble, au collège), j’ai pensé pour la première fois à la mort. contraint à l’éveil…

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Maison

Il existe un portail.Derrière ce portail, un jardin.Après les fleurs, une porte.Au-delà des herbes, un champ de blés.À la lisière, une forêt.Après les arbres, une clairière.Au sommet, une maison.Une porte.L’homme…

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Seine

La Seine
Me tente deux fois par jour
Deux lumières distinctes
Joyeuse, celle du matin, nostalgique, celle du soir
Même envie, même désir, même vertige !
Mais toujours il y a quelque chose, quelqu’un qui me retient
Un joli chien, une belle promeneuse
Une moto, des plantes, les pavés, leur curieux dispatch
Alors je passe encore
Le pont est derrière moi et encore je me demande : Seine, ah, Seine ! Quand m’accueilleras-tu ?

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Soleil

RENDEZ-MOI LE SOLEIL  Ma paupière tremble, mes yeux ne sont que dolence et mes mains pleines de sang, le soleil me manque je pleure son absence. j’halète, je peine, je…

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Lit

Pour des raisons qui m’étaient propres je passais alors le plus clair de mon temps au lit. L’insonorisation de ma chambre ayant été fort bien conçue, j’avais loisir d’entendre l’intégralité…

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sans papier

Il tremblait tout entier. Famélique, tenait à peine sur ses pieds, n’arrivait pas à réunir ses pièces pour payer ni ouvrir son porte-monnaie. Il mit des minutes, des heures avant…

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Hels1ki

Ce qu’il vit à Helsinki…

Devin, porteur de mono-œil
Gredin, vendeur de cercueils
Cacahuets-tramway, fille belle comme le jour
Pies envieuses, prairies désolées
Lunettes de soleil, yeux noirs par milliers
Regards interdits, évanescents
Atomes marchant, une-deux, disparaissant
Silence, grand et terrible silence des rues soviets austères
Poubelles, affiches Utopia
Constellations, prières
Yeux bleus, camés
Clochards sans manière
Koti Pizza, Chalupo, vendeur de rêves
Sprite, McDonalds, Kmarket
Salons de coiffure, faiseurs de beauté
Masseuses, Asiatiques faisant éjaculer
La fresque au roi suédois, l’affiche de Skywalker et Star Wa
Luther et ses bancs, ses glyphes et ses anges
L’église russe tue, ses coupoles dorées
Muettes dorures rayonnant dans le crépuscule d’été…

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29

Quelques considérations sur la vingt-neuvième année Une question s’invite à nous lorsque l’on atteint la vingt-neuvième année, c’est de savoir si l’on souhaite prolonger l’expérience jusqu’à la trentième. Car cette…

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Cent plans ou De l’inspiration

Toutes les plus grandes œuvres ont été écrites sans plan… Sans vouloir de leur auteur, sans préconception de sa part, elles naquirent d’elles-mêmes, à mesure de la création, comme un…

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Ricochets

Sable Ce qu’il me reste de toi ? Un peu de sable, entre les doigts. Aveugle et sourd Homme, n’entends-tu pas ? dans ton dos les cris, les borborygmes.Homme, ne…

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Momie

Une femme se regardait brièvement dans la vitre du tramway arrivé à quai. Bien sûr elle était belle ! Mais autour d’elle ce n’était que solitude, décrépitude ! Et même elle, alors que nous la voyons de bonne distance, celle suffisamment lointaine qui nous fait paraître toute chose belle, si nous nous approchons un peu nous apercevons les premiers signes de désagrégation : le maquillage cache une peau qui n’est plus si jeune, les cheveux sont-ils vraiment si plein de santé, si épais, ne sont-ils teints, refaits ? Est-elle si jeune encore, vraiment ? Mais alors que nous effectuons ce circuit il nous faut boucler l’attraction en prenant le pas de recul et revenir à notre point d’observation de départ avec une nouvelle vision : en fait ce n’était pas une femme montant dans le tramway mais une momie allant vers son sarcophage.

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pluie

la pluie tombe devant toi, le merisier se penche à ton épaule, il souhaite te parler, mais tu ne peux l’entendre, car la pluie t’absorbe, tu ne peux que la…

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Bêtise

Qu’est-ce qu’une bêtise ? « Une action déraisonnable, imprudente ». Certes, mais c’est plus profond que ça. En réalité, la bêtise est la plus pure forme de délassement. Car l’existence verrouille, à…

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Serveur

Ce jour qu’il humiliait le serveur d’assez piteuse manière il ignorait que longtemps, bien longtemps après il serait amené à le revoir sous de funestes auspices.Échouant dans ce bar un…

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Something wrong with the bananas

Two guys alone, sitting at a table in some kind of a crappy cantina, somewhere on an isolated exotic island. 

—There’s something wrong with the bananas, says one of them. 

The other guy doesn’t react directly, but then he slowly nods his head, says : 

— Yup. Their skin, looks like they’re sick or somethin’. Like already dead inside. 

— I don’t like it, Dan. 

The other one again doesn’t answer right away. He seems to think slowly about the situation, then he nods again, slowly, and says : 

— I don’t like it either, Rick. It’s black bird to me. 

— Black bird to me too.

And they remained silent, frowning inward, a gloomy look on their faces. 

Chacun assis à la table, ils se renfrognèrent en eux-mêmes, tenant fermement leur tasse de café dans une main et leur carabine dans l’autre. Ils se préparaient peut-être à une calamité que leur enverrait l’époque, une de celles qu’il en plaît périodiquement au bon Dieu de nous envoyer. 

And they would keep this stance, smoking at the table, for a good part of the remaining afternoon. And after that, I don’t know. 

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Deux-deux

Frivolités Arrêt sur image. Le temps de décomposer cette fenêtre sur l’infini (visage d’une femme). Promesses de l’aube (jambes d’une femme). Problèmes Dans le métro, un saint clochard. — Des…

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Travail

— Mais peut-elle m’aimer, Persifandre ? Moi, le moins-qu’un-homme ! Je ne travaille pas, vis dans un logis qui n’est pas le mien : quelle femme voudrait d’un tel Peter Pan…

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Dribble

Gauche, droite J’aime une dulcinée, non le dull ciné  Peu consensuel je préfère le con sensuel (technique). Découvrir de nouvelles ambiances :

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Romain Dardel

Littérature française contemporaine

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