Le Charles de Gaulle balance de ces torpilles, c’est un de ces navires comme on n’en a rarement vu Seulement, voilà, je crois qu’il s’est perdu L’Océan Indien, la dernière fois qu’on l’a vu Les marins tenaient leurs mains en visière, contemplaient le coucher… Dernier soleil, dernière houle… Ils riaient… Par le fond, ils riaient…
Alors que Dieu me frappait d’un éclair et décidait de m’immobiliser. Quatre jours. Déjà quatre jours après l’annonce. Et je ne vis plus, et me vide et m’enrage. Ne pas…
Platon ne prenait pas les mots au sérieux. Comment l’eût-il pu ? Lui athénien de l’oralité, il savait leur impuissance. Et pourtant, ils s’imposent. C’est là leur étonnant pouvoir.Bien sûr…
Tandis que je m’apprêtais à prendre mon petit-déjeuner, la réceptionniste de l’hôtel avait subi une altération étrange dans ma perception, passant de la plus pure adoration à celle du désintérêt…
Certes l’être humain en ce temps était brutal, mais était-il stupide ? je me permets d’en douter. En outre, je me permets de penser que la stupidité est bien plus dangereuse que la brutalité car cette dernière porte en elle sa propre logique, alors que la stupidité ne fait aucun sens, n’offre aucun point d’accroche à la compréhension, sinon l’absurde. Tandis que la brutalité vécue comme injuste peut enclencher des mouvements réactionnaires, l’élévation de l’homme face à elle, comme l’épreuve force celui qui y est soumis à s’élever à sa hauteur pour la surmonter. Tandis que la stupidité n’élève en rien : on s’y complaît et on la perpétue. Cycle sans fin qui s’entretient jusqu’à l’éternité ? Car lorsque toute intelligence a disparu, qu’il ne règne plus que stupidité, d’où peut jaillir la délivrance ? Elle ne jaillit pas : le genre humain n’est plus capable de rien. Et cet horizon me désespère et me donne forte nausée.
Alors que j’attendais à la terrasse nocturne d’un restaurant turinois que l’on vînt me servir mon prosciutto crudo, soudain, Gangsta’s Paradise joua. Alors, me revint en flash, du passé enfoui…
Car il aura compris cette vérité primordiale, consciemment ou non, peu importe en réalité car seul compte le « produit fini »* : l’humour ce n’est pas se moquer mais…
À A.C Cela fait quelques temps que je l’observe, elle, à quelques pouces de moi, un peu plus loin, sur le bar ; ce qu’elle mange n’a aucun intérêt, ni le…
C’est uniquement lorsqu’on ne s’entend plus que l’on peut écrire. Uniquement lorsque le soi est tu et que la vérité nue s’installe. Dans le noir, sans musique et sans bruit, sans pensées, sans maîtresse ni amis. La fenêtre ouverte et seulement la chaleur du dehors et ce carnet sur la table et ces mots que tu ne te vois pas écrire. Dans le plus grand silence, le plus grand calme, la plus grande solitude, alors que tout s’est tu et que seul reste le bruit étrange et sourd de la ville, son bourdonnement ; et, soudain, surgissant du néant, déchirant le silence, le rugissement d’un tigre : une mobylette. Écrire est synonyme de nuit, et nuit est synonyme de solitude.
« Ils allaient obscurs, dans la nuit solitaire, à travers l’ombre. »
Et que faire de ce que l’on ne peut ni conquérir ni éclairer ? — S’en envelopper tout entier.
Jeux Les jeux du Cirque ne furent jamais aussi fastueux que lorsque les barbares étaient aux portes et l’Empire sur le point de s’effondrer. Ces Jeux sont donc à la…
Regard — Monsieur, que regardez-vous ?— En face, ce qu’il y a devant moi.— Et que voyez-vous ?— À la fenêtre, une femme dans sa nudité. Crampe Et il courut…
Il y avait tellement de trains, cela partait tellement tous azimuts que je n’ai su lequel prendre, lequel était le mien, vraiment… c’est un peu dans tous les sens, en…
peu importe qui nous sommes, où nous nous trouvons, ce que nous avons fait, n’espérons-nous pas tous à la fin le retour et que, fatigué, las, nous entendrons sur le seuil, prononcé par un être cher :
« Okaeri ! Tu es là, tu es rentré. »
Toi qui as tant peiné, ravale ces pleurs, mon frère. Car le foyer t’appelle, et ce jour viendra où tu pourras de nouveau en sentir la chaleur. Peu importe ta souffrance, tes doutes et tes peines, ne connais point la crainte. Là-haut quelqu’un te protège et te guide. Pas à pas depuis le ciel, la route se pave jusqu’à la terre. Suis sans peur le chemin du Seigneur, car un jour certain, tu entendras la voix du retour : « l’Okaeri » de ton âme, de ton cœur.
Un certain soir de mars 1870, à Moscou, deux événements extraordinaires et concomitants se produisirent qui eurent par la suite des conséquences dramatiques pour le Vieux Continent. Le premier événement.…
Prenant mon radeau, je dérivais du trottoir, m’échouais sous un tréteau. Alors une nymphe se pencha sur moi, versa des larmes sur ma peau ; je lui demandais : est-ce…
Jane, si austère… « Jane, ton amour, si austère ? Que mérité-je, pareil dédain ? Certes suis-je premier, dernier Philistin. Peu d’égard aux arts, j’aime tes yeux, tes seins, je suis…
Contrairement à ce que l’on pense ce n’est pas l’intolérance qui nous tue mais bien l’un-tolérance, LA tolérance des tolérances, la tolérance devenue dogme, système répressif policé. Policé dans tous les sens du terme, police et polissage : polissons les individus, polissons-les bien ! Car ce n’est pas l’ensauvagement qui nous guette mais bien l’encivilissement, la tolérance à l’égard de l’intolérable. Et je n’appelle pas ça hypocrisie, car ce serait taper à côté, non, je la nomme telle quelle, je la nomme lâcheté. Trop civilisés, nous finirons ensevelis.
Vision — Pourquoi détournes-tu le regard ?— Parce que j’ai trop vu… je ne souhaite plus voir. Encre noire On me dit parfois que ce que j’écris est trop sombre,…
Dans la nuit ils n’étaient que des torches en mouvement, pas même des ombres. Une oscillation lumineuse, des faisceaux où, lorgnant sur leur rien, venait se pencher la bruine. Le…
j’ai toujours trouvé touchante la maladresse avec laquelle une femme tente de nous manifester son intérêt. C’est qu’elle emploie des moyens détournés, être explicite lui est interdit. Elle évoquera alors le temps qu’il fait ou, pire encore, les passe-temps. Et elle n’aura pas conscience de cela, cette impuissance se passera malgré elle, elle la subira sans la connaître. Dès lors, cette femme maladroite ne peut m’évoquer d’autre sentiment que la pitié, car je devine sa solitude, et je me la figure terrassante. Elle me dit mener mauvaise vie et j’ignore si je pourrais la sauver. Elle est si seule, si perdue déjà. Quelques mauvais choix, la malchance, c’est ce qu’elle dira… Mais qu’est-ce qu’un mauvais choix ? Il suffit d’une mauvaise relation, une mauvaise influence, c’est ce que l’on dira. Mais cela non plus n’importe pas. Nous portons la responsabilité, ce ne sont pas les autres qui la portent. Et dire cela n’est en rien une manière de s’empouvoirer, comme cela serait tant à la mode — non, c’est simplement ainsi que je pense. Cette pensée n’est ni meilleure ni libératrice, en aucune façon, c’est simplement ma pensée car on ne peut habiter celle d’un autre, aussi fort que l’on tente parfois de s’en convaincre, en se la répétant. Car la pensée que l’on se répète n’est pas notre pensée. Notre pensée est autre. Sous-terraine. Dissimulée. Et pourtant seul maître à bord, directeur de nos actes et de notre destinée. Toutes ces tentatives d’autopersuasion, toutes ces répétitions internes, ce monologue, ah, certes, cela est amusant, cela divertit mais, une nouvelle fois, ce n’est qu’une vaine tentative, car on ne peut s’extraire de soi-même. Et si le soi tente tant bien que mal de se convaincre du contraire, le ça ou le qu’est-ce ou le je ne sais comment l’appeler mais peu importe, le nous profond, notre nature sait exactement ce qu’elle est et ce qu’elle veut et tôt ou tard finira par se manifester. De la plus bizarre des façons, de manière détournée, certainement, mais elle se manifestera. Et, bien entendu, nous n’y comprendrons rien, car nous l’aurons ravalée loin, si loin en nous-même, et pour si longtemps, que nous ne nous connaîtrons pas. Cette manifestation du soi sera donc si étrange, comme à côté. Un événement curieux que l’on observera presque du dehors, de l’extérieur — comme ne nous appartenant pas, comme si nous n’y avions pris part. « Ce n’est pas moi qui ai fait ça ! » Est une locution vraie et fausse à la fois car, certes, il est vrai, vous n’avez pas fait ça et, en même temps, vous avez fait ça. Quelle révélation étrange cela serait pour nous si elle pouvait nous parvenir. Mais bien sûr elle ne nous parvient pas. Nous ne pouvons que monter dans ce bus immense amalgamé à la foule des ombres et nous perdons de vue la demoiselle du début de notre histoire, cette demoiselle si touchante et qui, maintenant que nous l’avons en repensée, nous paraît si attachante. Mais c’est uniquement parce que nous l’avons déjà ravalée au rang de souvenir, et le souvenir nous paraît toujours plus beau qu’il ne fut en réalité, sauf en de rares cas, particuliers, auxquels nous évitons de repenser car cela nous ferait trop de mal, oui, trop de mal. Je tente alors de lier conversation avec mon voisin de gauche. Mais il ne répondra pas. Il roule une cigarette malgré les violents à-coups du bus et semble y parvenir en un seul geste, ce qui m’impressionne. Je plaisante à ce sujet, bien que je ne sois pas homme de plaisanteries. Il me répond d’un rictus, rangeant sa cigarette. Cela ne fait rien, je suis à présent préoccupé par mon voisin de derrière, dont je sens l’aura de malveillance. Je savais que nous aurions des heurts lui et moi, dès mon entrée dans le bus, je l’avais senti, l’atmosphère étouffante et sombre ne pouvant mener à une autre fin : il nous fallait combattre. Il tente de m’empoigner par les cheveux et je me détourne de son étreinte. Je m’assoie un peu plus loin et le regarde d’un air neutre, tandis qu’il tente une nouvelle fois de m’humilier par ses tours car il semble magicien. Sa face goguenarde est trop satisfaite, il me faut la lui ravaler. Je parle alors : « Ce tiramisu est comme toi, il manque de caractère. » Je le renvoie à sa feinte du tiramisu qu’il avait tentée juste avant, mais je ne m’étais laissé prendre. « Remballe, mais j’oubliais que tu n’as rien à remballer. » C’est le vide de son être que je dénonce, et cela l’indispose. Enfin, je termine par la saillie la plus cruelle, parce que la plus vraie, celle qui amusera le plus la galerie, car tout cela n’est évidemment qu’un spectacle auquel on se livre pour passer le temps, pour patienter durant le voyage : « J’oubliais que ta mère est une chienne, or je n’attaque pas les chiens. » Il encaisse sans broncher et il ne se passera définitivement rien. Il est inoffensif — Il a, plus ou moins déjà, disparu.
Bercy, temple du mensonge et du volBercy, heure des comptesBercy, berceuses pour t’accompagnerBercy, ton voyage sans retourBercy, l’Achéron, l’as-tu ? entendu chanter… Découvrir de nouvelles ambiances :
quand j’avais dix ans (à peu près, dans ces eaux-là ; j’étais à l’époque, il me semble, au collège), j’ai pensé pour la première fois à la mort. contraint à l’éveil…
Il existe un portail.Derrière ce portail, un jardin.Après les fleurs, une porte.Au-delà des herbes, un champ de blés.À la lisière, une forêt.Après les arbres, une clairière.Au sommet, une maison.Une porte.L’homme…
Suite à « Résistante ». — Et parce que ce sourire mérite mieux que ces emportements lyriques qui, en définitive, tapent à côté et sont en vase clos de leur amusement propre, s’éloignant de leur objet en se livrant à cette révoltante orgie de mots et de ponctuation (ils sont trop contents d’avoir trouvé un prétexte à se mettre sous la dent), il me faut récidiver mais en mineur — car il semble que seul ce mode permette d’atteindre au majeur ou à l’évidence, c’est-à-dire qui permette de figer un éclat ou un sentiment, le témoignage d’une émotion, et de pouvoir le revivre à loisir ensuite, par la magie de la lecture et de l’écriture réussie. Il me faut donc un mode plus sobre, plus simple : qu’est-ce donc, que ce sourire ? Avant de commencer je souhaite expliciter les termes pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté. Lorsque je parlerai de sourire ou du sourire, je ne parlerai en rien du concept de sourire, ou de l’idée de sourire, de manière abstraite et conceptuelle. Non, rien ne saurait être plus éloigné à notre entreprise. Lorsque nous parlerons du sourire, nous parlerons d’une chose on ne peut plus concrète, à savoir son sourire à elle et à personne d’autre, celui que nous vécûmes et ce qu’il évoqua. Car c’est de lui que tout part, lui qui contient tout. C’est l’ipséité de son être qui lui conféra cette suprême essence, ce divin rayonnement. Dès lors, quelle importance peut avoir pour nous de disserter sur l’idée de sourire, puisque nous avons eu ce sourire, que nous pouvons en faire témoignage et vivre en lui, car il ne fait aucun doute qu’une fois vécu on puisse y vivre et que son souvenir éternel, fiché en nous comme un fragment de temps merveilleux, de temps gracieux, sera ce compagnon de fortitude nous donnant force et courage dans les temps obscurs. Qu’il sera cette torche que l’on pourra brandir face aux monstres pour continuer notre chemin, nous, pèlerin au sourire ! (Et nous voyons ici la nécessité d’avoir précisé au préalable les termes et leur sens, autrement, sans cette mise au point sémantique, cette formule prendrait tout de suite une profondeur métaphysique ridicule, une métaphore idéalisante un peu de pacotille, car qu’est-ce que ce pèlerin au sourire, en quoi un sourire pourrait bien vaincre des monstres ? Ça ne ferait bien entendu aucun sens, alors que nous, nous ne parlons bien que du sourire, ce sourire vécu, capturé à jamais et conservé comme un trésor, et dès lors tout s’éclaire, tout est vrai et se comprend, car il ne s’agit pas d’une dissertation manipulant vains concepts, mais une sublimation du beau vécu, ayant eu sa manifestation sur terre. Et bien que cette manifestation puisse être jugée trop rare, certes, (peut-être), cet instant du sourire n’en reste pas moins le témoignage, le témoignage de premier ordre si l’on m’interroge, et que je souhaite ici conserver, comme le mémorialiste-documentaliste veille sur l’ouvrage rare et précieux d’une bibliothèque, non pas comme sur un bout de parchemin croupi et poussiéreux qui n’intéresserait plus que les fats académiciens ou les érudits à vérole, mais comme l’amoureux de l’expérience veille sur le merveilleux manuscrit éclat du temps, fixé à jamais — et donc éternel — grâce aux tentatives effrénées du poète qui tenta infatigablement — tel le forcené, le possédé, l’obsédé qu’il fut ! — par tous ses moyens et par tout son talent à extraire et à conserver… Et déjà ! Déjà nous dérogeons à la règle, déjà nous voilà emportés par le lyrisme et par le trop alors que nous jurions de nous en tenir au mineur ! Ah, malheur ! Mais c’est que ce sourire déborde, qu’il est en lui-même le trop, qu’il contient trop et qu’il est, de par l’intensité du sentiment vécu et capturé dans une conscience, infini. On ne peut l’épuiser, comme on n’épuise une Corne, nourricière pour l’éternité, tant qu’il y aura des hommes… Ah, mais, épuiser l’inépuisable, n’est-ce pas notre mission à nous qui écrivons ! Sans cesse le sujet se dérobe à nos mots, s’échappe de nos épithètes, nous pensons le circonscrire et voilà qu’une circonvolution apparaît que nous n’avions vue car nous étions trop concentré sur notre partie et soudainement toute son étendue se présente, comme une inconnue nouvelle à explorer ! Ah, toujours le sujet trop grand se dérobe à nos mots et à notre éloquence, nous n’en livrons qu’une parcelle, une insignifiante esquisse qui, en définitive, n’est bien qu’une tentative, notre tentative à nous d’exprimer la chose — et il n’est pas de doute que tout autre aurait eu d’autres mots mais que, une fois fait le tour de son art de son talent, n’aurait-il pas, lui aussi, échoué… Mais voilà ce que c’est que ce sourire : le beau inépuisable, souvenir toujours présent, toujours revécu, l’émotion imprimée en nous pour toujours, et il n’est pas à douter — et sinon il faudra le souhaiter — que chacun dispose en lui d’un fragment de beau encapsulé, conservé, protégé, qu’il pourra décider de revivre à loisir, lorsqu’il en aura besoin, lorsqu’il pensera perdre espoir, qu’il n’y croira plus ! Ce sourire est donc non moins phare, non moins torche, non moins foyer… ce sourire est tout ! et même le dictionnaire plus érudit prêtera serment de n’avoir su le décrire totalement… Ce sourire est donc, en définitive (cinquième ou sixième occurrence mais cela ne fait rien, nous procédons du syllogisme de la cascade, c’est une rhétorique que nous inventons, certes), le beau éternel et, si nous franchissions la passerelle tremblante qui nous mène du concret vécu au concept pensé, nous dirions que ce sourire est l’éternité du beau. Mais nous n’effectuerons pas ce saut sémantique car, comme nous le promettions en début de ce texte, nous jurions de traiter ce sourire sur le mineur et il serait inconvenant de le rabaisser ici — au détour de la conclusion et en embûche — en le forçant à être le simple et vulgaire moyen d’une entreprise démonstrative conceptuelle, alors qu’il est (en définitive !) une chose aussi simple que belle, et belle parce que simple : un beau souvenir.
ps : je n’ai pas eu ici loisir de traiter en quoi la beauté de ce sourire l’était aussi en association à la gentillesse des yeux et en quoi ces deux éléments toujours ensemble sont liés et n’acquièrent leur véritable beauté que s’ils s’expriment de consort en tant qu’expression unie et synchronisée de la beauté intérieure qui se manifeste à l’extérieure, et en quoi ce sourire était donc beau non de par sa beauté extérieure et par la merveilleuse plastique que certes Dieu conféra mais aussi et surtout parce qu’il était la traduction de la beauté intérieure de cet être — cette beauté s’exhalant pour ainsi dire de tous ses pores et se transmettant par la moindre de ses gestes, la beauté intérieure étant cette sorte d’irradiance qui brille en permanence et ne cesse de se manifester en sa plénitude et d’éblouir et d’éclairer — la beauté extérieure seule ne pouvant émouvoir et n’étant qu’une sorte de belle coquille qui, si elle nous plaît au premier abord, se vide rapidement de sa joliesse à mesure que nous la côtoyons si elle n’est expression du beau intérieur, de la belle âme, tandis qu’à l’inverse la beauté extérieure en tant que manifestation, témoignage de ce qui est beau à l’intérieur ne cesse de s’apprécier et pour ainsi dire se magnifie à travers le temps et le regard — mais ! ce texte est déjà bien trop long et bien trop n’importe quoi pour que je poursuive, nous ferons donc halte ici, pour le moment…
RENDEZ-MOI LE SOLEIL Ma paupière tremble, mes yeux ne sont que dolence et mes mains pleines de sang, le soleil me manque je pleure son absence. j’halète, je peine, je…
Pour des raisons qui m’étaient propres je passais alors le plus clair de mon temps au lit. L’insonorisation de ma chambre ayant été fort bien conçue, j’avais loisir d’entendre l’intégralité…
Il tremblait tout entier. Famélique, tenait à peine sur ses pieds, n’arrivait pas à réunir ses pièces pour payer ni ouvrir son porte-monnaie. Il mit des minutes, des heures avant…
Suite à « Waitress ». — Je sais que je viens d’écrire un texte à ce sujet mais il m’en restait une insatisfaction urticante, une sensation éminemment frustrante de n’avoir su rendre la vérité du sentiment, de n’avoir su lui rendre justice et, en définitif, de n’avoir su exprimer le caractère décisif de ce sourire, à quel point il était, à quel point il est, pour ainsi dire, la seule chose qui, en définitive, compte véritablement. Je m’en rappelle maintenant clairement : c’est comme s’il m’avait lavé. Et je ne sais le dire autrement. C’est comme si elle avait tout lavé, tout lavé… Et c’est là, je le sais, quelque chose que je traitai déjà, à l’époque, dans un texte de 2021, mais c’est parce qu’il s’agit du resurgissement de l’exacte même sensation. Celle, puissante, totale, renversante, de salvation — de délivrance ou de régénération, je ne sais le dire autrement, et cette répétition, cette mimique des temps, des lieux et des êtres, cette permanence de la réalité et du retour des choses et du même qui ne sont en réalité que les mêmes et uniques manifestations de l’éternel retour, de l’éternelle unicité du Tout, ce même retour du sourire donc, c’est comme s’il, oui, lavait tout. Tout le mal, toute la haine, les douleurs et les peines, qu’il les balayait tous, d’un seul coup, et les remplaçait aussitôt par une paix pleine, une absolue plaisance, une terrible et renversante sérénité, qu’il était une immersion soudaine dans une eau absolument pure (je ne sais trouver d’image plus forte, plus évocatrice, plus vérace encore, je ne sais dire), de l’éther instantané à même les poumons, qui libère la poitrine, le thorax, une plénitude totale, entière, évidente du corps, harmonie de l’esprit et de l’être, comme si ce sourire était, est — une libération — l’instant, la clé et la paix, l’acceptation, et qu’en lui-même et associé à ces yeux parfaitement tendres, parfaitement bons il contenait toute la paix, toute la bonté, toute la tendresse du monde, contenait en lui-même une sorte de paradis, de refuge, de sanctuaire, dépourvu de douleur et de crainte, loin des horreurs et des plaies, des insanités barbares et absurdes, ce lieu inviolé, inviolable — de bonté, de joie, et de paix. Oui, c’était cela son sourire. Et voilà ce qu’il fallait dire, ce qu’il convenait d’écrire. Voilà le seul hommage qu’il méritait, le seul chant qu’il pût porter : celui de la bonté, de la tendresse et de la joie. À elle seule, elle toute seule, sans aide, sans ministre ni palais, elle rachetait toute la salissure et toute la dégueulasserie du monde, son absurdité et sa haine. À elle seule, elle toute seule, de par sa simple existence, de par son seul sourire, elle rachetait le monde : elle était, elle est et sera, pour toujours — l’ultime résistante.
Quelques considérations sur la vingt-neuvième année Une question s’invite à nous lorsque l’on atteint la vingt-neuvième année, c’est de savoir si l’on souhaite prolonger l’expérience jusqu’à la trentième. Car cette…
Toutes les plus grandes œuvres ont été écrites sans plan… Sans vouloir de leur auteur, sans préconception de sa part, elles naquirent d’elles-mêmes, à mesure de la création, comme un…
Sable Ce qu’il me reste de toi ? Un peu de sable, entre les doigts. Aveugle et sourd Homme, n’entends-tu pas ? dans ton dos les cris, les borborygmes.Homme, ne…
la pluie tombe devant toi, le merisier se penche à ton épaule, il souhaite te parler, mais tu ne peux l’entendre, car la pluie t’absorbe, tu ne peux que la…
Qu’est-ce qu’une bêtise ? « Une action déraisonnable, imprudente ». Certes, mais c’est plus profond que ça. En réalité, la bêtise est la plus pure forme de délassement. Car l’existence verrouille, à…
Ce jour qu’il humiliait le serveur d’assez piteuse manière il ignorait que longtemps, bien longtemps après il serait amené à le revoir sous de funestes auspices.Échouant dans ce bar un…
And she be piercing my heart, piercing my soul… with her candide delicious teeth and her gleaming beautiful smile and oh so adorable little nose, oh so adorable little nose and her eyes, they be lightning to my flesh, sounding to my soul, stuns to my bones, brings hope to my thoughts and beauty to my flaws like a sword in a brawl, glare in the shows — her, colomb of my vows.
elle qui porte son adorable petit nez percé
Ode à la plus belle serveuse de la maudite capitale, elle qui me rendit soudain espoir, me rappela que malgré la damnation de cette ville, sa désolation ne sait atteindre les âmes pures retenues captives. Et qu’en ce gouffre sans lumière réside encore une inattingible clarté. Lux æterna.
Frivolités Arrêt sur image. Le temps de décomposer cette fenêtre sur l’infini (visage d’une femme). Promesses de l’aube (jambes d’une femme). Problèmes Dans le métro, un saint clochard. — Des…
— Mais peut-elle m’aimer, Persifandre ? Moi, le moins-qu’un-homme ! Je ne travaille pas, vis dans un logis qui n’est pas le mien : quelle femme voudrait d’un tel Peter Pan…