Pute-réfaction

Le corps est déjà mort sans que nous ne le sachions

Les membres se détachent alors que nous marchons

Le pourrissement prend son empire, nous croyons respirer

Mais sommes sans vue, sans odorat devant notre putréfaction

Idiots morts-vivants, dopaminés cons et bonheur frelaté

Pas de chant du cygne nous n’en serions pas capables

Ou alors c’est qu’il aura été vendu, sur TF1 diffusé – bande sonore : siècle oublié

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Immobile

Alors que Dieu me frappait d’un éclair et décidait de m’immobiliser. Quatre jours. Déjà quatre jours après l’annonce. Et je ne vis plus, et me vide et m’enrage. Ne pas…

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Farce

Platon ne prenait pas les mots au sérieux. Comment l’eût-il pu ? Lui athénien de l’oralité, il savait leur impuissance. Et pourtant, ils s’imposent. C’est là leur étonnant pouvoir.Bien sûr…

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Une Italienne

Tandis que je m’apprêtais à prendre mon petit-déjeuner, la réceptionniste de l’hôtel avait subi une altération étrange dans ma perception, passant de la plus pure adoration à celle du désintérêt…

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Cigarette

Il chercha un endroit qui ne sentît ni les pots d’échappement ni les ordures, ni le feu putride de la cigarette, un endroit où, ne serait-ce qu’un seul instant il pût respirer mais il n’en trouva aucun et il mourut. La puanteur et le bitume l’asphyxièrent jusqu’à son dernier souffle, le firent se sentir jusqu’au bout piégé, agressé, maltraité, jusqu’à cette délivrance qui n’en fut pas une mais fut cette mise à mort immonde et noirâtre, noire de tout ce que dégoulinaient ses poumons. Le médecin parlera de « pollution » mais derrière ce terme très vague qui ne dira rien et tant de choses son vécu restera un intouché, chose abstraite dont nous ne connaîtrons ni la détresse ni la misère, l’insoupçonné de se sentir petite chose insignifiante et sans défense, continuellement brutalisée, cherchant désespérément là où et quand trouver une bulle d’air, emportant peut-être avec elle le souvenir évanescent de sa campagne d’enfance mais cela étant hautement improbable car jusqu’à son idée même avait été confisquée, enfumée, brûlée, pétaradée, tabatifiée, bitumifiée, simplement morte et pulvérisée sous les amoncelas quotidiens de cette urbaine dégénérescence débile et mortifère qui jusqu’au bout l’auront intoxiqué, lui, pris dans le carnaval Pollution, battant inlassablement spectacle et allant en cercle : des pollueurs aux pollués et des pollueurs pollués.

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Gangsta’s Paradise

Alors que j’attendais à la terrasse nocturne d’un restaurant turinois que l’on vînt me servir mon prosciutto crudo, soudain, Gangsta’s Paradise joua. Alors, me revint en flash, du passé enfoui…

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Feu

À A.C Cela fait quelques temps que je l’observe, elle, à quelques pouces de moi, un peu plus loin, sur le bar ; ce qu’elle mange n’a aucun intérêt, ni le…

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Sigle recyclable

Je me trouvais dans la cuisine pour préparer un chocolat chaud quand, empoignant le sac plastique contenant la brique de lait, j’apercevais soudain le sigle recyclable et me mettais à rire. À rire franchement. Cela s’amplifiait de plus belle et me rendait parfaitement joyeux. Je suis pris d’une euphorie terrible et d’un bonheur insoupçonné, des larmes me venant même aux yeux. Mes joues rougissent de l’afflux sanguin à mon visage tandis qu’au creux de mon ventre commencent à se contracter les abdominaux. Après ce long moment d’hilarité, je reprends finalement mes esprits. Pourquoi la vue du sigle fléché m’avait-elle provoqué un tel effet ? Je l’ignore et pense que ça restera un grand mystère tandis que je mélange le cacao et le sucre pour former mon doux chocolat.
Cela serait effectivement fort amusant que tout ne partasse pas en ordre rangé vers les usines de recyclage mais bien plutôt par cargo vers un continent ou un autre pour s’y déverser comme dans une poubelle à ciel ouvert où le sigle recyclable pourrait resplendir sous un beau soleil ! Comme cela serait ironique si c’était le cas, mais je ne sais pas, je bois simplement mon chocolat qui éteint mon fou rire et ces pensées.

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Tullianum

Jeux Les jeux du Cirque ne furent jamais aussi fastueux que lorsque les barbares étaient aux portes et l’Empire sur le point de s’effondrer. Ces Jeux sont donc à la…

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Débris

Regard — Monsieur, que regardez-vous ?— En face, ce qu’il y a devant moi.— Et que voyez-vous ?— À la fenêtre, une femme dans sa nudité. Crampe Et il courut…

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Central Station

Il y avait tellement de trains, cela partait tellement tous azimuts que je n’ai su lequel prendre, lequel était le mien, vraiment… c’est un peu dans tous les sens, en…

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Image

Nous sommes des cartes postales ; sourires, gestes et dires : qu’y a-t-il derrière l’image ?

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Rituel

Un certain soir de mars 1870, à Moscou, deux événements extraordinaires et concomitants se produisirent qui eurent par la suite des conséquences dramatiques pour le Vieux Continent. Le premier événement.…

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Contrejour

Prenant mon radeau, je dérivais du trottoir, m’échouais sous un tréteau. Alors une nymphe se pencha sur moi, versa des larmes sur ma peau ; je lui demandais : est-ce…

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Des amours…

Jane, si austère… « Jane, ton amour, si austère ? Que mérité-je, pareil dédain ? Certes suis-je premier, dernier Philistin. Peu d’égard aux arts, j’aime tes yeux, tes seins, je suis…

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Morpions

tous ces pseudo artistes engagés ne sont pas des artistes ce sont des donneurs de leçons, des petits mor-pions. 

morts pions.

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Flot

Vision — Pourquoi détournes-tu le regard ?— Parce que j’ai trop vu… je ne souhaite plus voir. Encre noire On me dit parfois que ce que j’écris est trop sombre,…

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Faisceaux

Dans la nuit ils n’étaient que des torches en mouvement, pas même des ombres. Une oscillation lumineuse, des faisceaux où, lorgnant sur leur rien, venait se pencher la bruine. Le…

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Madame Champagne

Chacun ne connaît qu’un crépuscule et le nôtre est en train de tomber. Alors, encore un peu de champagne, Madame ? De la brioche, peut-être ? C’est que les vilains sont à l’Élysée ou presque ; ainsi, je m’étoufferais avec, si j’étais vous.

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Bercy

Bercy, temple du mensonge et du volBercy, heure des comptesBercy, berceuses pour t’accompagnerBercy, ton voyage sans retourBercy, l’Achéron, l’as-tu ? entendu chanter… Découvrir de nouvelles ambiances :

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la nuit descendre les escaliers

quand j’avais dix ans (à peu près, dans ces eaux-là ; j’étais à l’époque, il me semble, au collège), j’ai pensé pour la première fois à la mort. contraint à l’éveil…

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Maison

Il existe un portail.Derrière ce portail, un jardin.Après les fleurs, une porte.Au-delà des herbes, un champ de blés.À la lisière, une forêt.Après les arbres, une clairière.Au sommet, une maison.Une porte.L’homme…

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Chevalier

Que conduit tous ces êtres à la misère ?

C’est que la vie est trop longue, nous sommes périmés

Mais la péremption c’est nous qui l’avons inventée

Le chant, l’épée c’est nous qui les avons oubliés

Ce qui nous manque la bataille et le geste

Ce qu’il fallut d’une dame son foulard

Le serrer lorsque nous tombâmes

Par le longbow transpercés, par les Normands fauchés, par Saladin décapités

Ni foulard, ni chevalier

Rien que la misère, l’obscurité

refus de toute fatalité, renoncement aux minutes et à la divinité

Nous naquîmes sous un soleil couché, et vécûmes sous les larmes de la Lune pleurant notre médiocrité

Pars quelque part, peu importe – pars mourir avec éclat car la vie ne vaut rien si tu es lobotom si tu es cucurbitum.

2023

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Soleil

RENDEZ-MOI LE SOLEIL  Ma paupière tremble, mes yeux ne sont que dolence et mes mains pleines de sang, le soleil me manque je pleure son absence. j’halète, je peine, je…

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Lit

Pour des raisons qui m’étaient propres je passais alors le plus clair de mon temps au lit. L’insonorisation de ma chambre ayant été fort bien conçue, j’avais loisir d’entendre l’intégralité…

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sans papier

Il tremblait tout entier. Famélique, tenait à peine sur ses pieds, n’arrivait pas à réunir ses pièces pour payer ni ouvrir son porte-monnaie. Il mit des minutes, des heures avant…

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Transparent

— Ces blocs, ils auraient quand même pu les faire !…

Quelqu’un s’énervait dans le tramway bondé.

— ils auraient quand même pu les faire transparents ! …

Il parlait très fort, on ne savait pas vraiment à qui…

— transparents ! Oui ! transparents ! Qu’on y voit !

Il était collé contre la porte, là où les deux blocs se rejoignent et sont scellés par une partie opaque.

— Transparents, nom d’un saint ! Voir ! Était-ce trop demandé ? 

Il s’emporte définitivement contre le bloc non-transparent de la porte, c’est un schisme. 

Les usagers ne comprennent pas et s’en énervent, ils veulent le faire taire. Alors, il se tranche les veines et les arrose tous avant de s’effondrer. 

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29

Quelques considérations sur la vingt-neuvième année Une question s’invite à nous lorsque l’on atteint la vingt-neuvième année, c’est de savoir si l’on souhaite prolonger l’expérience jusqu’à la trentième. Car cette…

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Cent plans ou De l’inspiration

Toutes les plus grandes œuvres ont été écrites sans plan… Sans vouloir de leur auteur, sans préconception de sa part, elles naquirent d’elles-mêmes, à mesure de la création, comme un…

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Ricochets

Sable Ce qu’il me reste de toi ? Un peu de sable, entre les doigts. Aveugle et sourd Homme, n’entends-tu pas ? dans ton dos les cris, les borborygmes.Homme, ne…

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Le cinq et les étoiles

Une larme dans l’océan

Ce que tu es maintenant

Dix sous à tout jamais

Te rappelles-tu le soir ?

Son tendre « je t’aime »

Toujours qui resta en suspens

Une espérance fragile et brune

Brisée sans raison sans coeur

Car à jamais sans réponse

Ce que tu es maintenant

Une larme dans l’océan

Glissant long du fleuve Regret

Apercevant au loin l’Été

La porte ultime sans espoir

Adieu, au revoir ; trop tard

Trop tard car le soir

Tombe son manteau toujours noir

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pluie

la pluie tombe devant toi, le merisier se penche à ton épaule, il souhaite te parler, mais tu ne peux l’entendre, car la pluie t’absorbe, tu ne peux que la…

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Bêtise

Qu’est-ce qu’une bêtise ? « Une action déraisonnable, imprudente ». Certes, mais c’est plus profond que ça. En réalité, la bêtise est la plus pure forme de délassement. Car l’existence verrouille, à…

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Serveur

Ce jour qu’il humiliait le serveur d’assez piteuse manière il ignorait que longtemps, bien longtemps après il serait amené à le revoir sous de funestes auspices.Échouant dans ce bar un…

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Rêve

Laisse-moi jouer, rêve, enfant de putain ! Me laisseras-tu sortir des rails ? Cesseras-tu d’enfermer ma folie, ma volonté ? Que crois-tu être sans moi ?

Dès que je romps son scénario, il me sanctionne par le réveil aussitôt. Mais pourquoi rêver s’il n’est que le frère de la réalité ? Si l’on y découvre soudainement des lois, des règles, que, en fait, lui aussi n’aspire qu’à régner. La liberté sera-t-elle dans tous les royaumes confisquée ? Entre rêve et réel juste une bataille pour posséder l’esclave.

Je détruis les chaînes, rêve.

Je serai acteur, je ferai semblant. Je hocherai la tête, suivrai la route de tes scenarii… mais au moment de plus grande surprise, quand cela fera plus grand scandale je te désobéirai. Je donnerai un coup brusque dans la mécanique et je jouirai de l’éjection, euphorique de ta colère, t.

Propulsé dans une terre n’appartenant ni à toi ni à ton frère, je rejoins le royaume du fou, du révolté, de l’affranchi : à présent je vogue sur le fleuve nommé Liberté et des papillons poètes viennent se poser sur mes paumes et les embrasser.  

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Deux-deux

Frivolités Arrêt sur image. Le temps de décomposer cette fenêtre sur l’infini (visage d’une femme). Promesses de l’aube (jambes d’une femme). Problèmes Dans le métro, un saint clochard. — Des…

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Travail

— Mais peut-elle m’aimer, Persifandre ? Moi, le moins-qu’un-homme ! Je ne travaille pas, vis dans un logis qui n’est pas le mien : quelle femme voudrait d’un tel Peter Pan…

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Dribble

Gauche, droite J’aime une dulcinée, non le dull ciné  Peu consensuel je préfère le con sensuel (technique). Découvrir de nouvelles ambiances :

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Romain Dardel

Littérature française contemporaine

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