Alors que Dieu me frappait d’un éclair et décidait de m’immobiliser. Quatre jours. Déjà quatre jours après l’annonce. Et je ne vis plus, et me vide et m’enrage. Ne pas…
Platon ne prenait pas les mots au sérieux. Comment l’eût-il pu ? Lui athénien de l’oralité, il savait leur impuissance. Et pourtant, ils s’imposent. C’est là leur étonnant pouvoir.Bien sûr…
Tandis que je m’apprêtais à prendre mon petit-déjeuner, la réceptionniste de l’hôtel avait subi une altération étrange dans ma perception, passant de la plus pure adoration à celle du désintérêt…
Il chercha un endroit qui ne sentît ni les pots d’échappement ni les ordures, ni le feu putride de la cigarette, un endroit où, ne serait-ce qu’un seul instant il pût respirer mais il n’en trouva aucun et il mourut. La puanteur et le bitume l’asphyxièrent jusqu’à son dernier souffle, le firent se sentir jusqu’au bout piégé, agressé, maltraité, jusqu’à cette délivrance qui n’en fut pas une mais fut cette mise à mort immonde et noirâtre, noire de tout ce que dégoulinaient ses poumons. Le médecin parlera de « pollution » mais derrière ce terme très vague qui ne dira rien et tant de choses son vécu restera un intouché, chose abstraite dont nous ne connaîtrons ni la détresse ni la misère, l’insoupçonné de se sentir petite chose insignifiante et sans défense, continuellement brutalisée, cherchant désespérément là où et quand trouver une bulle d’air, emportant peut-être avec elle le souvenir évanescent de sa campagne d’enfance mais cela étant hautement improbable car jusqu’à son idée même avait été confisquée, enfumée, brûlée, pétaradée, tabatifiée, bitumifiée, simplement morte et pulvérisée sous les amoncelas quotidiens de cette urbaine dégénérescence débile et mortifère qui jusqu’au bout l’auront intoxiqué, lui, pris dans le carnaval Pollution, battant inlassablement spectacle et allant en cercle : des pollueurs aux pollués et des pollueurs pollués.
Alors que j’attendais à la terrasse nocturne d’un restaurant turinois que l’on vînt me servir mon prosciutto crudo, soudain, Gangsta’s Paradise joua. Alors, me revint en flash, du passé enfoui…
Car il aura compris cette vérité primordiale, consciemment ou non, peu importe en réalité car seul compte le « produit fini »* : l’humour ce n’est pas se moquer mais…
À A.C Cela fait quelques temps que je l’observe, elle, à quelques pouces de moi, un peu plus loin, sur le bar ; ce qu’elle mange n’a aucun intérêt, ni le…
Je me trouvais dans la cuisine pour préparer un chocolat chaud quand, empoignant le sac plastique contenant la brique de lait, j’apercevais soudain le sigle recyclable et me mettais à rire. À rire franchement. Cela s’amplifiait de plus belle et me rendait parfaitement joyeux. Je suis pris d’une euphorie terrible et d’un bonheur insoupçonné, des larmes me venant même aux yeux. Mes joues rougissent de l’afflux sanguin à mon visage tandis qu’au creux de mon ventre commencent à se contracter les abdominaux. Après ce long moment d’hilarité, je reprends finalement mes esprits. Pourquoi la vue du sigle fléché m’avait-elle provoqué un tel effet ? Je l’ignore et pense que ça restera un grand mystère tandis que je mélange le cacao et le sucre pour former mon doux chocolat. Cela serait effectivement fort amusant que tout ne partasse pas en ordre rangé vers les usines de recyclage mais bien plutôt par cargo vers un continent ou un autre pour s’y déverser comme dans une poubelle à ciel ouvert où le sigle recyclable pourrait resplendir sous un beau soleil ! Comme cela serait ironique si c’était le cas, mais je ne sais pas, je bois simplement mon chocolat qui éteint mon fou rire et ces pensées.
Jeux Les jeux du Cirque ne furent jamais aussi fastueux que lorsque les barbares étaient aux portes et l’Empire sur le point de s’effondrer. Ces Jeux sont donc à la…
Regard — Monsieur, que regardez-vous ?— En face, ce qu’il y a devant moi.— Et que voyez-vous ?— À la fenêtre, une femme dans sa nudité. Crampe Et il courut…
Il y avait tellement de trains, cela partait tellement tous azimuts que je n’ai su lequel prendre, lequel était le mien, vraiment… c’est un peu dans tous les sens, en…
Un certain soir de mars 1870, à Moscou, deux événements extraordinaires et concomitants se produisirent qui eurent par la suite des conséquences dramatiques pour le Vieux Continent. Le premier événement.…
Prenant mon radeau, je dérivais du trottoir, m’échouais sous un tréteau. Alors une nymphe se pencha sur moi, versa des larmes sur ma peau ; je lui demandais : est-ce…
Jane, si austère… « Jane, ton amour, si austère ? Que mérité-je, pareil dédain ? Certes suis-je premier, dernier Philistin. Peu d’égard aux arts, j’aime tes yeux, tes seins, je suis…
Vision — Pourquoi détournes-tu le regard ?— Parce que j’ai trop vu… je ne souhaite plus voir. Encre noire On me dit parfois que ce que j’écris est trop sombre,…
Dans la nuit ils n’étaient que des torches en mouvement, pas même des ombres. Une oscillation lumineuse, des faisceaux où, lorgnant sur leur rien, venait se pencher la bruine. Le…
Chacun ne connaît qu’un crépuscule et le nôtre est en train de tomber. Alors, encore un peu de champagne, Madame ? De la brioche, peut-être ? C’est que les vilains sont à l’Élysée ou presque ; ainsi, je m’étoufferais avec, si j’étais vous.
Bercy, temple du mensonge et du volBercy, heure des comptesBercy, berceuses pour t’accompagnerBercy, ton voyage sans retourBercy, l’Achéron, l’as-tu ? entendu chanter… Découvrir de nouvelles ambiances :
quand j’avais dix ans (à peu près, dans ces eaux-là ; j’étais à l’époque, il me semble, au collège), j’ai pensé pour la première fois à la mort. contraint à l’éveil…
Il existe un portail.Derrière ce portail, un jardin.Après les fleurs, une porte.Au-delà des herbes, un champ de blés.À la lisière, une forêt.Après les arbres, une clairière.Au sommet, une maison.Une porte.L’homme…
RENDEZ-MOI LE SOLEIL Ma paupière tremble, mes yeux ne sont que dolence et mes mains pleines de sang, le soleil me manque je pleure son absence. j’halète, je peine, je…
Pour des raisons qui m’étaient propres je passais alors le plus clair de mon temps au lit. L’insonorisation de ma chambre ayant été fort bien conçue, j’avais loisir d’entendre l’intégralité…
Il tremblait tout entier. Famélique, tenait à peine sur ses pieds, n’arrivait pas à réunir ses pièces pour payer ni ouvrir son porte-monnaie. Il mit des minutes, des heures avant…
Quelques considérations sur la vingt-neuvième année Une question s’invite à nous lorsque l’on atteint la vingt-neuvième année, c’est de savoir si l’on souhaite prolonger l’expérience jusqu’à la trentième. Car cette…
Toutes les plus grandes œuvres ont été écrites sans plan… Sans vouloir de leur auteur, sans préconception de sa part, elles naquirent d’elles-mêmes, à mesure de la création, comme un…
Sable Ce qu’il me reste de toi ? Un peu de sable, entre les doigts. Aveugle et sourd Homme, n’entends-tu pas ? dans ton dos les cris, les borborygmes.Homme, ne…
la pluie tombe devant toi, le merisier se penche à ton épaule, il souhaite te parler, mais tu ne peux l’entendre, car la pluie t’absorbe, tu ne peux que la…
Qu’est-ce qu’une bêtise ? « Une action déraisonnable, imprudente ». Certes, mais c’est plus profond que ça. En réalité, la bêtise est la plus pure forme de délassement. Car l’existence verrouille, à…
Ce jour qu’il humiliait le serveur d’assez piteuse manière il ignorait que longtemps, bien longtemps après il serait amené à le revoir sous de funestes auspices.Échouant dans ce bar un…
Laisse-moi jouer, rêve, enfant de putain ! Me laisseras-tu sortir des rails ? Cesseras-tu d’enfermer ma folie, ma volonté ? Que crois-tu être sans moi ?
Dès que je romps son scénario, il me sanctionne par le réveil aussitôt. Mais pourquoi rêver s’il n’est que le frère de la réalité ? Si l’on y découvre soudainement des lois, des règles, que, en fait, lui aussi n’aspire qu’à régner. La liberté sera-t-elle dans tous les royaumes confisquée ? Entre rêve et réel juste une bataille pour posséder l’esclave.
Je détruis les chaînes, rêve.
Je serai acteur, je ferai semblant. Je hocherai la tête, suivrai la route de tes scenarii… mais au moment de plus grande surprise, quand cela fera plus grand scandale je te désobéirai. Je donnerai un coup brusque dans la mécanique et je jouirai de l’éjection, euphorique de ta colère, t.
Propulsé dans une terre n’appartenant ni à toi ni à ton frère, je rejoins le royaume du fou, du révolté, de l’affranchi : à présent je vogue sur le fleuve nommé Liberté et des papillons poètes viennent se poser sur mes paumes et les embrasser.
Frivolités Arrêt sur image. Le temps de décomposer cette fenêtre sur l’infini (visage d’une femme). Promesses de l’aube (jambes d’une femme). Problèmes Dans le métro, un saint clochard. — Des…
— Mais peut-elle m’aimer, Persifandre ? Moi, le moins-qu’un-homme ! Je ne travaille pas, vis dans un logis qui n’est pas le mien : quelle femme voudrait d’un tel Peter Pan…