Ouigo Sables D’Olonne. Les paysages défilent. Parmi eux, des champs jaunes. Prenez-les il y a quelques mois, nous ne les aurions pas vus. Aujourd’hui, ils nous crèvent les yeux. C’est que les récents évènements nous auront ramené à une réalité crue : sans ces parcelles silencieuses nous n’existons pas. Pas de vie, pas d’amour, pas d’enfants. Rien. Aussitôt une prise de conscience affolée dans le pays : Nos paysans ! Où sont nos paysans ? Nos agriculteurs ? travailleront-ils cet été ? Cet été au moins ? Pitié !… Ils se suicident ? Ah ! Donnez-leur tout ! Tout pourvu qu’ils nous nourrissent ! D’honnis, violentés, oubliés, nos agriculteurs reviennent soudain à leur place : le sacré. Puisse ce retour en grâce dicté par la nécessité se transformer en amour de cœur ; qu’il guide nos actes.
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À A.C Cela fait quelques temps que je l’observe, elle, à quelques pouces de moi, un peu plus loin, sur le bar ; ce qu’elle mange n’a aucun intérêt, ni le…
Il nous apparaît important de revenir sur cette notion clé de la transmission de la chaleur, d’en présenter au corps citoyen les dynamiques principales, dans une époque où la bataille énergétique semble de premier ordre dans nos sociétés modernes occidentales.
Combattons déjà deux idées reçues qui subsistent malgré leur réfutation quotidienne par le réel : primo la transmission de la chaleur n’est ni instantanée d’une part, deusio elle n’est ni automatique d’autre part, bien au contraire. Effectivement, concernant ce deuxième point très important, par un phénomène rétroactif paradoxal il semble qu’un foyer se déclarant dans un endroit entraîne bien souvent la création d’une zone de froideur en réponse. Phénomène très particulier de la physique pour lequel nous n’avons pas encore toutes les explications théoriques, mais dont la connaissance pratique suffira amplement au citoyen à appréhender son quotidien.
Revenons sur la première idée reçue, à savoir l’instantanéité de la transmission de la chaleur. Il est fréquent que dans l’imaginaire courant l’on s’imagine un feu consumant d’un seul coup tout sur son passage : un immense brasier transmettant directement toute sa chaleur aux alentours, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien à consumer. En réalité c’est autrement plus complexe et sauf cas particuliers (extraordinaires et fort rares) ce genre de déroulement n’arrive quasiment jamais.
Intéressons-nous donc bien plutôt à la norme car comme énoncé en incipit de notre texte nous visons avant tout à l’utilité collective : gardons-nous d’aller dans les fantasmes de la physique spéculative et restons sur les faits connus, observés, éprouvés, qui seront bien plus utiles à nos concitoyens dans l’appréhension et la jugulation de leur quotidien (qui peut parfois être très explosif si mal abordé) que quelques élucubrations fantasmagoriques du feu, élaborées dans le laboratoire obscur de quelques scientifiques à l’imagination certes fertile mais quelque peu perverse.
La transmission de la chaleur n’est donc en général pas instantanée. C’est-à-dire que partant d’un foyer d’indice 100, un autre foyer potentiel à son contact ne passera pas tout de suite à 100. Autrement dit un feu peut mettre un certain temps à s’allumer, d’abord, puis à atteindre sa pleine intensité, ensuite. Au sujet de l’embrasement, il peut exister des prémices discrètes, des braises par exemple, qui semblent indiquer un environnement propice. Il convient alors de faire très attention dans ce genre de cas, car la montée à l’indice 100 peut être très rapide.
Cependant dans notre société moderne fortement urbanisée et modernisée il est bien plus plausible que l’on se trouvera en présence de foyers plus ou moins difficiles à allumer. En effet, la taule, l’acier, le béton, tout l’édifice urbain moderne prend plus difficilement feu que les matériaux plus traditionnels type bois, charpente, etc. Ainsi pour toute prospective de la transmission de la chaleur, il convient d’effectuer une analyse de l’environnement et du matériau auquel elle fait face. À noter que si, certes, la nature du foyer de réception joue un rôle très important dans la proportion de chaleur transmise, il convient évidemment de ne pas négliger la typologie du foyer d’origine : à ce titre on peut noter des compatibilités plus ou moins bonnes entre les natures de foyer, voire parfois des incompatibilités totales. L’édification d’une table de compatibilité des foyers est à l’étude, mais devant l’immensité des types de foyer, je crains que nous ne devions attendre encore quelques années pour qu’elle parvienne à une compilation de données réellement significative.
Cela étant pour résumer cette première partie, disons simplement que la transmission de la chaleur n’est quasiment jamais instantanée, et que le processus d’embrasement prend bien souvent un temps certain, variable selon la nature des deux foyers (origine et réception) en présence. Il arrive même (et c’est de plus en plus fréquent comme nous allons le voir) que la transmission de chaleur ne s’effectue pas. On parle alors d’hermétisme de transmission de la chaleur. Ce sera notre point concernant notre deuxième idée reçue, à savoir le caractère automatique de la transmission de chaleur : Il ne serait rien de plus erroné.
En effet, comme évoqué ci-avant, la transmission de la chaleur dépend en bonne partie des foyers en présence. Ainsi, si nous faisons face à une situation d’incompatibilité totale le foyer d’origine se consumera seul tandis que le foyer de réception restera vierge de toute chaleur, et ce malgré tout le dioxyde de carbone consumé par le foyer torche. C’est notre fameux hermétisme. Cette situation peut conduire à plusieurs comportements de la part du foyer initial : ou bien il peut dans ses efforts de transmission accélérer de se consumer, on parle alors d’accélération par frustration, ou bien il peut au contraire s’éteindre prématurément, on parle alors de disparition par déception. À noter que le phénomène hermétique est de plus en plus courant aujourd’hui, tandis que l’on observe à la hausse le phénomène de déception par rapport à celui d’accélération. Les explications pour ces différentes dynamiques sont multiples et complexes, elles nécessiteraient leur développement dans un autre texte, nous en resterons à la présentation de leur existence et à leur fonctionnement basique.
Ainsi, ces deux fondamentaux de posés (le caractère non forcément instantané et non forcément automatique), observons rapidement l’évolution récente des foyers dans nos sociétés contemporaines. Car si, certes, les lois de la physique sont immuables, et nous venons de les présenter, néanmoins les environnements où elles viennent à interagir peuvent eux changer et donc cela peut de facto quelque peu modifier les dynamiques.
Ici une observation de taille qui nous semble, d’un certain point de vue, préoccupante, est la profonde diminution du nombre de foyers. Certes nous avons tous en tête ces images terribles d’incendies durant les étés, mais en réalité ces arbres cachent la forêt. En effet, en 2021 en France, jamais il n’y eut, depuis que les données sont comptabilisées, si peu de foyers déclarés dans le pays. Comme dit nous n’élaborerons pas sur les raisons d’un tel phénomène, néanmoins nous affirmerons que cette dynamique semble profonde et partie pour s’accentuer dans les prochaines années.
Certes le citoyen, plein de bon sens, se réjouira plutôt de cette nouvelle, et nous le comprendrons. Néanmoins il est à noter que si la diminution du nombre de foyers est une bonne nouvelle pour les émissions de Co2 et la couche d’ozone, cela amène tout de même à nous poser des questions sur l’avenir de notre civilisation, puisqu’il semble bon de rappeler qu’une société sans feu ne peut exister, et que c’est depuis son don par Prométhée que l’homme est devenu homme. Gardons-nous donc de penser hâtivement que la récente augmentation de l’hermétisme ainsi que la diminution du nombre de foyers sont forcément de bonnes nouvelles.
Pour conclure, concernant la transmission de la chaleur, à la vue des éléments que nous avons présentés et des dynamiques actuelles qui sont à l’oeuvre, nous pouvons dire que le feu apparaît de plus en plus condamné à brûler seul, et que, peut-être, dans un lointain avenir (mais peut-être pas si lointain que cela) il ira même à s’éteindre totalement. Gardons-nous alors d’imaginer ce qui adviendra.
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L’écriture c’est la liberté totale, c’est l’infini du possible ; c’est New York :
Now you’re in New York, concrete jungle where dreams are made of
There’s nothing you can’t do
Les phrases, les mots, ces choses qui te laisseront faire tout ce que tu souhaites… Qui se rebelleront si tu merdes mais te pardonneront, te tendront leur autre joue, puis leur autre et encore leur autre, autant de joues que de fautes jusqu’à ce que tu trouves la voie : là elles te donneront les lèvres, là elles te laisseront les embrasser ; là cet amour où tu vivras.
Bercy, temple du mensonge et du volBercy, heure des comptesBercy, berceuses pour t’accompagnerBercy, ton voyage sans retourBercy, l’Achéron, l’as-tu ? entendu chanter… Découvrir de nouvelles ambiances :
quand j’avais dix ans (à peu près, dans ces eaux-là ; j’étais à l’époque, il me semble, au collège), j’ai pensé pour la première fois à la mort. contraint à l’éveil…
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— Hola ! Mais mon pauvre ! Vous pensez bien ! Vous ouvrez une porte ! Boum ! Infecté ! Vous vous grattez la tête ? Ah ! Infection ! Le cours vous est pénible ? Mais ! Contaminé ! Boum ! Le virus ! Quelqu’un vous parle ? Vous trouvez ça stupide ? Vous n’écoutez pas ? Infecté ! Le virus ! Partout ! Mon pauvre ! Déjà porteur ?! Peut-être ! Sans le savoir ! Véhicule innocent ! Forme bégnine ?! En suspens ?! Ça ! Rien ne m’étonnerait, venant d’une école ! Un terreau fertile ! Le premier de ses foyers ! Ça le marsouin ! Il part de là ! Il s’y répand, y prolifère. Des vacances pour lui ! Trop facile ! La plage, le soleil, les cocktails ! Il sirote avec une paille ! Une ombrelle dans le verre ! Il « chill », comme vous dites ! Vous voyez des jolies filles ! Lui ! Il voit des hôtes parfaits ! Du potentiel ! Des colonies ! L’expansion ! La transmission ! Développement éclair ! Fschou ! Un claquement de doigt ! Une allumette ! Et badaboum ! La poudre mon ami ! La poudre ! Coup de canon ! Obus inévitable ! Tout le monde sa cible potentielle ! Tout le monde dans le viseur ! Vraoum ! Bam ! Tatatatatatata ! La mitraillette ! Microbienne !…
— Merde doc’ mais il m’est encore rien arrivé.
— Hola ! Bienheureux ! Méfiez-vous donc ! Vous êtes encore plus vulnérable ! Les anticorps ne sont pas là ! Pas l’habitude ! Une proie de choix !… Étudiant ! Est-ce que vous avez… la « flemme » ?
— Parfois doc’.
— Hola ! Le virus ! Attention ! Mon ami ! Signes annonciateurs ! Fébrilité ! On baisse la garde ! On croit que !… Et boum ! Il est là ! Nous tombe dessus ! Passe par le nez ! Ou ailleurs ! Il trouve toujours ! Des voies des entrées ! Ça, en école, multiples ! Un terrain parfait ! Le bac à sable ! Les petits patés microbiens ! Les étudiants sont le sable ! Lui la pelle ?! Vous comprenez ?
— Vous me foutez les jetons, doc’.
— Hola ! Vous avez froid ?! Des frissons ?! Mon brave ! Le virus ! Les symptômes ! Ils sont là ! Frappent à la porte ! Se manifestent ! Oui, ils vous ont eu ! Microbe sur patte ! Inconscient ! Jeunesse légère ! Ah, là ! Là, là, là !
Je dois avouer que toute cette histoire ne me rassurait pas des masses… On se croit en sécurité, on se croit peinard mais en fait ! Ces révélations me causaient un peu d’appréhension je dois bien le dire. Enfin, j’ai quand même voulu poursuivre, aller au bout du diagnostic…
— Mais qu’est-ce que je dois faire, doc’ ?
— Hola ! Faire ! Mais mon brave ! Il eut fallu TOUT faire ! Mais maintenant ! Faire ! C’est compliqué ! Très compliqué !
— Y a bien un traitement, quand même, doc’ ?
— Hola ! Mais ! Tout de suite ! Un traitement ! Traiter, traiter ! Ah ! L’arbre n’a même pas grandi qu’on veut déjà l’arracher ! Non mais ! Un traitement ! Oui ! Il en existe ! Un ! Mais c’est ! Radical ! Mon ami ! Hola ! Un traitement ! Douloureux ! Effrayant ! Peut-être pire ! Oui, pire que le virus ! Allez savoir ! Les limites de la science ! La médecine modeste ! Rien n’est exact rien n’est certain ! Nous ne sommes pas Dieu ! Un traitement !… Vous comprenez ?
— Dites toujours, doc’.
— Hola ! Téméraire ! Radical ! Impudente jeunesse ! On veut ratiboiser ! Alors ! Oui ! Le traitement ! Particulier ! Ciblé ! Sans retour ! Du napalm ! Boum ! Quitter l’école ! Seule solution !
Il y allait un peu fort du café le doc’…
— Je crois que ça va pas être possible, doc’.
— Ah ! Ça ! Seule option ! L’école ! Contagion dans l’air ! Fourmilière de risques ! Guet-apens aux couloirs ! Chausse-trappes dans les escaliers ! Poison dans les classes ! Chaises piégées ! Amphithéâtre siphonné ! Locaux fiévreux ! Collègues contaminés !
Tout de même les circonstances semblaient peu favorables, je n’étais pas rassuré. J’ai tenté une dernière question comme ça, en passant, au cas où, savait-on jamais. Sans trop d’espoir, faut bien l’avouer…
— Y a rien en prévention, doc’ ?
— Hola ! De la prévention ! De la prévention ! Mais mon ami ! Trop tard ! Beaucoup trop tard ! Vous y êtes ! Jusqu’au cou ! Embourbé ! Contaminé, condamné ! Le destin ! Qu’une question de temps ! Ah ! Ça ! Prévention ! Mignon ! Très mignon ! Naïf ! Ah ! La belle jeunesse ! Ah les microbes chatons ! Ah ! Non, la prévention, non, ça… trop tard… « finito » comme vous dites…
la pluie tombe devant toi, le merisier se penche à ton épaule, il souhaite te parler, mais tu ne peux l’entendre, car la pluie t’absorbe, tu ne peux que la…
Qu’est-ce qu’une bêtise ? « Une action déraisonnable, imprudente ». Certes, mais c’est plus profond que ça. En réalité, la bêtise est la plus pure forme de délassement. Car l’existence verrouille, à…
Ce jour qu’il humiliait le serveur d’assez piteuse manière il ignorait que longtemps, bien longtemps après il serait amené à le revoir sous de funestes auspices.Échouant dans ce bar un…
Ce matin je me suis réveillé ; allant dans la cuisine j’ai remarqué ce moucheron qui buttait contre la vitre, voulant sortir mais ne le pouvant pas. Comment aurait-il pu comprendre ? Il n’y avait eu aucune vitre dans sa vie, que la permanence de l’instinct. Toute son existence dérisoire, insignifiante, il l’aurait passée ainsi : sans interrogation.
Mais soudainement le voilà confronté à un obstacle invisible et incompréhensible, contre lequel il ne peut que cogner sans relâche, et sans qu’il ne le sache, sans espoir.
Dans ce royaume du minuscule, je suis soudain tout-puissant, je suis soudain Dieu. De ce possible exceptionnel, trois options : ne rien faire, l’écraser ou ouvrir la fenêtre.
Un moment j’ai continué à le regarder se débattre contre un ennemi invincible puis finalement j’ai ouvert la fenêtre.
Quand je l’ai refermée il avait disparu. Nulle trace de sa microscopique présence. Comme s’il n’avait jamais existé.
Frivolités Arrêt sur image. Le temps de décomposer cette fenêtre sur l’infini (visage d’une femme). Promesses de l’aube (jambes d’une femme). Problèmes Dans le métro, un saint clochard. — Des…
— Mais peut-elle m’aimer, Persifandre ? Moi, le moins-qu’un-homme ! Je ne travaille pas, vis dans un logis qui n’est pas le mien : quelle femme voudrait d’un tel Peter Pan…