Épis-tête

Nous tenterons de nous attacher, humblement, dans ce texte, à démontrer la valeur fondamentale de l’épithète dans la langue française. Nous espérerons y parvenir avant d’en être empêché (nous sentons une menace étrange planer au-dessus de notre tête).
Résumons notre pensée par cette maxime légère : épithète mal choisi donne un épis sans tête. Ou même, un épis qui tète ; qui tètera n’importe quoi pour subsister, que l’on essayera de préciser avec maladresse, à grand renfort de compléments, de subordonnées, de matraquages pavés – dont nous donnons, présentement, un exemple, et cela bien volontairement, de notre plein gré et non par une insuffisance qui nous serait propre ; pour montrer ce qu’il advient, justement, quand nous ne réussissons pas à trouver un épithète pertinent, en arrivant ainsi à de lestes calembours, dont le lecteur bien avisé se demandera l’utilité, la justification fondamentale, le bien-fondé initial… des histoires de tête, tète, d’épis et pis-tet… comme on le voit cela amène confusion, angoisse, autant de choses regrettables car qu’est la langue sinon grâce et plaisir ! Il est certain que du lac céleste Molière se rit de nous à cette heure, sa grappe à la main. Tchac ! Tchac ! Fschooou… Tranchant, clair, net, précis, inamovible et pourtant d’une fluidité parfaite, voilà une phrase française, une phrase de ce bon JB. Tout a sa place et chaque chose a sa place et l’épithète comme voûte parachevant la cathédrale : justesse et harmonie… Projet retors, mais… «Nous sommes en guerre!» « Startoupe Neillechone ! » Que ? Qu’est-ce ? Hum, hallucination, interjection spasmodique textuelle, certainement. Concernant l’épithète, là son utilité, sa beauté. Un bon épithète, bien choisi, bien placé, bien senti (nous noterons, étrangement, que cette accumulation semble aussi valoir pour expliquer la nomination d’un Ministre, mais quant à savoir ce que cette curieuse coïncidence viendra faire dans notre texte nous ne pourrons l’expliquer que par le hasard pur et simple…) c’est un monde : il ouvre les portes du royaume, il porte, il est le texte. Ce néant silencieux des étoiles m’inquiète. Pascal. Ce néant des étoiles m’inquiète. Pascaca. Ainsi la science de l’épithète pour écrire un bon texte sonnant, « impactant » (disruption maximale !), comme gardien, comme catalyseur, comme volcan primordial du texte. Grave patriarche épargnant le recours fastidieux aux propositions, aux subordonnées, dérivations, dérivées, circonvolutions et étourderies d’attardés, terminant une voie pour en ouvrir une autre : aiguillon magnifique, plein d’autorité et pourtant de douceur ; il glisse. Il est à la fois fer et plume… « SNCF ! » « Concurrence ! » « Bruxelles » « Les choux ! » « Les choux ! » Mais, que ? Qu’est-ce ? Spasmes récurrents ? Car contrairement à ce que l’on pourrait penser suite à l’exposé bien maladroit que nous venons de lui consacrer (absence de maîtrise de l’épithète pour qualifier l’épithète, sorte d’ironie littéraire bien piquante dont nous nous reconnaîtrons bien modestement victime) l’épithète n’a rien de totalitaire (« en guerre ! » « whatever it ! » « confinamento ! » « le pass ou la tête à Toto ! »). Car s’il définit et s’il fige le sens, d’abord, il permet le rebond, ensuite, telle cette surface polie qui ne tremblerait pas, qui de ce matériau solide et plastique permettrait le ricochet linguistique. C’est le ping-pong de la langue. Épithète, autre épithète, épithète, autre épithète, etc. Un dialogue sans fin, l’océan littéraire, la navigation sur les eaux de l’amour, du beau et de la joie. Cependant, alors qu’il voudrait continuer sur cette voie de plénitude qui est la sienne (« no way ! ») celle de l’art (« no trepassing ! ») son souhait est subverti. On tente de le corrompre, de le détruire, de l’enfermer, et ce à notre insu. Inquiétant phénomène de totalitarisation de l’épithète ; si est gardée sa fonction première, celle de fixer (ce néant silencieux…), on lui supprime la seconde, celle du re… (« silence ! » « you dumies ! » « listen don’t speak ! » « don’t think » « you too dumb to think ! to write ! to bread ! » ) les voilà ! la menace planante ! elle nous aura rattrapé je le crains – combien de temps avant que… (« open the door ! » « epithet’s coming ! » « what you say ? » « what you say ? » « bad say ! » « jail ! ») il faut… (« remain silent ! ») l’épithète… (« over the wall ! » « shut up you mouth ! » « you have the right to remain SILENT ») gardez toujours à l’esprit… (« no speak ! no speak ! » « bad citizen ! » « criminal ! » « criminal ! » « bad think ») s’il ne permet pas le rebond… (« partners ? any partners ? partners ? collaborez, collaborez, collaborez ») il faut se méfier… (« we explain, you listen, we explain, you listen ») c’est qu’il est totalitaire… (« he doesn’t speak ! ») or, la littérature, fût-elle fixée par ses grands maîtres, n’est pas une dictatrice : elle ouvre des mondes au lieu de les fermer. (« Jail ! » « ! Jail ! » « Jail ! » « Consume don’t think ! » « Fuck don’t think ! » « Take pills don’t think ! » « We’re good ! » « We’re the good ! » « Others bad ! » « Others bad ! » « We the good, the GOOD » « Listen to the good – you son of a b**** »).

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Alors que Dieu me frappait d’un éclair et décidait de m’immobiliser. Quatre jours. Déjà quatre jours après l’annonce. Et je ne vis plus, et me vide et m’enrage. Ne pas…

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Tandis que je m’apprêtais à prendre mon petit-déjeuner, la réceptionniste de l’hôtel avait subi une altération étrange dans ma perception, passant de la plus pure adoration à celle du désintérêt…

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École

Faisant le bilan de sa vie, loin d’être terminée quoique déjà « bien entamée », il se rend compte qu’il n’aura plus le temps, pas les opportunités, pour se faire de nouveaux amis. Cette conclusion pourra étonner par son caractère définitif car n’aurait-il pas, encore, toutes ces « sorties », ces « soirées », ces « bars », où il recevrait de franches tapes dans le dos et pourrait rire ostensiblement ? Bien sûr que si, il aurait tout ça. Mais que serait « tout ça » sinon une galerie de « connaissances » ? Et que serait cette galerie de « connaissances » sinon un puits de vide s’asséchant à mesure du rétrécissement de sa vie ? Alors, pris d’angoisse, il voudra inverser la mécanique : en vain. Il s’apercevra que toutes ces opportunités résidaient dans l’enfance. L’école reviendra à son esprit. Sa merveille n’était pas d’être cette machine d’instruction gratuite, mais cette période prolongée d’insouciance plongé parmi des centaines de ses semblables avec rien d’autre à faire que de les aimer ou de les détester ; elle était cet unique vivier d’amitié qu’il ne retrouverait jamais plus car l’amitié requiert du temps, et vient un jour où il disparaît ; pourtant, cela a été dit, cela sera répété, le malheur de l’homme ne réside pas dans le « pas assez » mais dans son impossibilité de reconnaître « l’assez » – ne pouvoir l’apprécier qu’a posteriori : toujours être à contretemps du bonheur, voilà son malheur. Que peut-il faire ? Prisonnier d’un passé qu’il a laissé filer, otage d’un présent qu’il ne sait aimer, victime d’un futur qu’il redoute, quelle est sa voie, quelle est sa solution ? Elle peut rester introuvable ; voilà la survie, ne pas savoir vivre. Être l’adulte apeuré par le gouffre de ce qu’il entrevoit comme « cette vie misérable, à laquelle il ne sait s’il doit lui donner le nom d’une vie mortelle, ou plutôt d’une mort vivante ». Mieux vaut la première car il n’y a de chose qui en vaille la peine que ce qui peut se perdre, or un mort ne saurait mourir, il faut donc qu’il vive. Il n’est de chose plénitude que de chose vulnérable. Qu’est-ce qu’une forteresse inviolable sinon un mausolée ? Qu’est-ce qu’un être indestructible sinon un dieu solitaire ? Qu’est-ce qu’une fleur éternelle sinon une tige plastifiée ? Quelle serait sa senteur sinon la synthèse inodore d’un polymère ? Là est la clé peut-être, la vie n’est qu’une cascade et le monde une chute générale. Rien ne dure, tout s’efface, et nous, témoins en sursis, traversons ces terres de désolation en suspens ; mais parce que, peut-être, il y aura eu sur notre chemin cette fleur, justement, que nous aurons pu sentir avant qu’elle ne meurt, ou l’odeur du pain sortant du four un matin d’août ; parce que vous aurez vu, peut-être, le ballet des oiseaux amoureux au printemps ou ce coucher de soleil un soir d’hiver alors que vous n’espériez plus ; parce que vous aurez connu cette femme, ou cet homme, dont vous aurez su apprécier l’être et la beauté ; parce que vous aurez su recueillir plutôt que mépriser, parce que vous aurez su aimer plutôt que dédaigner, parce que vous aurez su accepter la « perpétuelle branlance », l’effervescence de la vie se dirigeant vers la mort, plutôt que de vous apitoyer, alors peut-être cela en aura valu la peine, et le jour venu, ce ne sera pas la face grimaçante d’un crâne qui vous recueillera, mais la feuille d’un arbre silencieux, ou un nuage dans le lac céleste et la pluie ultime d’un être qui malgré tout ce qu’il aura subi, ses doutes et sa douleur aura su dire « merci ». Alors une vieille amie sera là, dont vous vous souviendrez qu’elle vous avait donné rendez-vous il y a longtemps, très longtemps de cela, vous ayant promis de vous attendre avec patience, pendant que vous cueilliez tout ce qu’elle n’avait pas encore cueilli.

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Gangsta’s Paradise

Alors que j’attendais à la terrasse nocturne d’un restaurant turinois que l’on vînt me servir mon prosciutto crudo, soudain, Gangsta’s Paradise joua. Alors, me revint en flash, du passé enfoui…

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Feu

À A.C Cela fait quelques temps que je l’observe, elle, à quelques pouces de moi, un peu plus loin, sur le bar ; ce qu’elle mange n’a aucun intérêt, ni le…

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Lychee

China is a violent place. It roars like a wild lion, it kills like a starving animal, mercy is nowhere to be found. But as long as you will be treading on this land, there will be one soul that is capable of kindness, there will be one place where a soft heart can be met. As you shall never lose your optimism, you will still be burning off your sacred inner fire, like children do. Keep being a light so when times become dark men will be able to see, they will be able to keep going. Never stop being who you already are as honesty will forever be your lucky charm.

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Tullianum

Jeux Les jeux du Cirque ne furent jamais aussi fastueux que lorsque les barbares étaient aux portes et l’Empire sur le point de s’effondrer. Ces Jeux sont donc à la…

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Débris

Regard — Monsieur, que regardez-vous ?— En face, ce qu’il y a devant moi.— Et que voyez-vous ?— À la fenêtre, une femme dans sa nudité. Crampe Et il courut…

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Central Station

Il y avait tellement de trains, cela partait tellement tous azimuts que je n’ai su lequel prendre, lequel était le mien, vraiment… c’est un peu dans tous les sens, en…

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Adresse

Aime-moi ! Quel est ce masque ? Putain ! Ta bouche est laide mais tes yeux sourient. Leur message ? Tu hoches la tête, tu te cambres, tes doigts se tordent. C’est quoi ce numéro ? La vérité défile en accéléré. Ton amie ne parle pas. Muette ! Une carpe. Tu te balances, tu jouis. Tu te ratatines, tu voudrais disparaître. Qu’il t’avale, le sol ! Ce serait plus simple. Ton nez d’oiseau ne figurerait plus sur ton visage ; ce n’est pas toi, c’est une autre. Pas ici. Ce rendez- vous nous trompe. Pas d’avortement on n’a rien procréé. Que des illusions. C’est futile. Les oreilles se dressent. Les paupières clignent. Quelques paillettes. Spectatrices. Ta tête penche. Une inertie. Là-bas. Intention fusillée. Mouvement en batterie. Piétinés, les pavés. Le balancier, l’horloge. Le ding. L’horreur. Le crachat. Murs stupides. Puanteur du mystère. Plaie de l’incompréhension. Pansement limonade. Oubli raisonnable. Ah ! Double ration. La mort ou la pension ? Ombres chinoises. Pf. Pas le choix j’ai l’adresse.

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Rituel

Un certain soir de mars 1870, à Moscou, deux événements extraordinaires et concomitants se produisirent qui eurent par la suite des conséquences dramatiques pour le Vieux Continent. Le premier événement.…

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Jane, si austère… « Jane, ton amour, si austère ? Que mérité-je, pareil dédain ? Certes suis-je premier, dernier Philistin. Peu d’égard aux arts, j’aime tes yeux, tes seins, je suis…

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Grande bouche

Ils ne sont pas des hommes, ils sont de grandes crêpes. On les tourne, les retourne, on les assaisonne ; puis, ils sont mangés par une grande bouche, qui n’est jamais rassasiée. Alors, vite ! d’autres grandes crêpes ! Qu’elles abondent ! Mais quelque part, restée au pays des sacs, il y a la mère farine qui pleure ses fils, et toutes ses larmes ne pourront plus faire de pâte, car enfin elle en aura eu assez du destin de ses enfants martyrs. Elle dira : « Meurs de faim, grande bouche ! Avale donc tes dents, ta langue, bouffe tes gencives, grande bouche ! Parce que moi je ne te nourrirai plus. » Ainsi les grandes crêpes redeviennent des hommes et s’en vont de par le monde.

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Vision — Pourquoi détournes-tu le regard ?— Parce que j’ai trop vu… je ne souhaite plus voir. Encre noire On me dit parfois que ce que j’écris est trop sombre,…

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Stan Smith

J’entre dans le tramway il est bondé – une fois posé remis (entrer dans le T2 c’est une aventure) je vois en manches courtes tissu bleu clair et casquette écouteurs sur les oreilles un homme jusque-là quoi d’anormal c’est que bien vite je m’aperçois il est pas normal il fait des choses extras il gigote il a de grands mouvements avec ses doigts il hoche sa tête c’est bien bizarre mais il semble fait comme ça il y peut quoi ahah il kiffe sa musique il est seul il est sur une scène c’est le monde sa scène il y baigne il n’y a rien il n’y a personne que lui sur sa scène – et moi le normal qui regarde devant droit qui fuit je ne sais quoi qui se tient comme un i -droit- qui porte Stan Smith aux pieds qui celui comme les autres qui celui de la société moi le normal je veux lui dire, moi le normal je veux lui dire « je viens mon frère ! » alors on s’accroche on tourne autour de la barre c’est Singing in the Rain je lui dis « danse mon frère » le tram c’est une piste c’est une scène c’est une fête « chante mon frère » nos doigts bougeottent c’est des « yo-yo man » et moi le normal je veux entendre « t’inquiète mon frère » et moi le normal je veux entendre « t’inquiète mon frère » – moi le je veux entendre « il y a une lumière au bout du tunnel » et la lumière réapparaît on est sorti du tunnel ça inonde des fenêtres je suis aveugle mais je tâtonne je veux sentir je veux toucher je veux lui dire « je viens mon frère » « je viens mon frère… »

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Un cœur

Ce que je vois c’est le vide de cette photo. Le vide la solitude la tristesse absolue de cette photo. Je lui dirais « tu es seule ? » elle laissera un cœur sur le message. C’est quoi ce cœur ? J’en veux pas de ce cœur. Je veux un dialogue une connexion pas un cœur. Tu es seule ? Pourquoi tu ne le dis pas ? C’est quoi ce cœur ? Il fait quoi, il dit quoi ? Il fait ? Il fait ? Il fait ? Il fait ton cœur ? Il fait rien du tout. C’est le vide ton cœur. C’est une bouillie de pixels ton cœur. C’est de la merde ton cœur. Remballe-le ton cœur. Économise le stockage. Épargne le cloud. Un cœur c’est pas deux touches sur un écran, c’est ce truc palpitant qui saigne qui reste seul sur le sol. C’est ça un cœur.
Pauvre conne.

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Supercherie

Démangé au talon droit depuis un certain temps je m’arrêtais pour me gratter en prenant appui sur une rambarde que je croyais solide et métallique mais que je sentis soudain s’affaisser vers moi comme une chose fragile et sur le point de s’effondrer ; contrairement à ce qui avait pu me sembler cette espèce de soutien public n’était en rien fait du fier et fiable métal bien forgé mais plutôt était en cette sorte de carton-placo médiocre, qui avait certainement dû coûter un montant égal à son utilité c’est-à-dire rien. Promenant plus amont mon regard interloqué je m’aperçus que la ruelle était parsemée de ces faux appuis dont une inspection toute sommaire (un clin d’œil suspicieux) me révéla de manière immédiate qu’ils n’étaient qu’un ensemble tordu, rongé, sur le point de s’effondrer, des choses qui tenaient bien plus de la figuration conceptuelle, si l’on croyait qu’elles représentaient une digue pour nos bras ou nos coudes ou quelque partie de notre corps à supporter momentanément, que d’un soutien réel, physique, solide, bien investi et bien planté dans le bon sol français. Bref, la démangeaison ne me quittant pas je dus me résoudre à une sorte d’acrobatie fort risquée et qui ne reposait (bien aléatoirement) que sur ma faculté d’équilibre (assez médiocre) pour aller atteindre mon talon dont la piqûre continuelle menaçait de me faire interner. Ceci enfin fait je pus poursuivre ma route. Mais cette fois je prenais bien garde à rester éloigné de ces multiples faux frères cartonneux-placoteux et jugeais mes pas avec circonspection dans ce que j’avais découvert comme n’étant rien d’autre que, -et si on n’en eut pas conscience, potentiellement mortelle-, une vaste supercherie.

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Panthéon

Elles sont de curieuses statues et le monde est leur Panthéon. Leurs lèvres bougent mais ne produisent aucun son. C’est qu’on ne mélange pas le marbre et les décibels. L’expérience reste lointaine et d’une ironie cruelle : belles mais intouchables, belles parce qu’intouchées. Bientôt elles n’existent plus que dans une galerie de la mémoire où le cerveau pourra les convoquer. Blonde et brune sont ses couleurs, rousse parfois. Certaines nettes, d’autres floues ; toutes disparaissantes. Flamme dans une nuit de lucioles, elles ne peuvent s’en approcher. Non, il ne le faut pas. Elles sont nées de la distance et seront vécues comme telles… jusqu’à l’oubli.

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Ce jour qu’il humiliait le serveur d’assez piteuse manière il ignorait que longtemps, bien longtemps après il serait amené à le revoir sous de funestes auspices.Échouant dans ce bar un…

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— Mais peut-elle m’aimer, Persifandre ? Moi, le moins-qu’un-homme ! Je ne travaille pas, vis dans un logis qui n’est pas le mien : quelle femme voudrait d’un tel Peter Pan…

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Romain Dardel

Littérature française contemporaine

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